Kispasse

Sunday, October 12, 2008

Franck Dubosc se met à nu

"Il était une fois... Franck Dubosc." C’est le titre du nouveau spectacle de l’humoriste, dans lequel il raconte quelques passages de sa vie, de sa naissance à sa vieillesse imaginée. Avec un humour qui fait mouche. Rencontre.
Vous vous mettez à nu dans ce spectacle, tout en romançant un peu votre vie. À quel point est-ce le vrai "journal d’un Franck", pour reprendre votre expression?
À un point assez important. Il y a beaucoup de choses vraies, plus que d’habitude, plus que dans mes précédents spectacles. Pratiquement tout est vrai, sauf bien sûr quand je joue le vieux monsieur de 84 ans, à la fin. Mais j’ai vraiment été un bébé moche, qui faisait caca derrière le coffre à jouets. J’ai vraiment eu beaucoup de boutons quand j’étais ado. Une chose fausse, c’est à propos de ma première relation sexuelle: ce n’était pas avec une Anglaise, mais avec une Belge! En tout cas, c’est pour ça que j’aime beaucoup jouer ce spectacle: je retraverse réellement ma vie.
Est-ce difficile de livrer ainsi une part de soi-même sur scène?
Non, parce que je ne livre que des moments choisis. En revanche, ça aurait été plus difficile quand j’ai commencé, il y a dix ans. Je n’aurais pas eu le courage, ou peut-être l’impudeur, de le faire.
Y a-t-il des éléments de votre vie que vous avez hésité à raconter parce qu’ils étaient trop intimes?
Je me suis demandé dans quelle mesure je parlais ou pas de mon père, décédé. Je le fais finalement à deux reprises. Et puis, c’est marrant, mais je ne parle pas de ma sœur, alors qu’elle compte énormément pour moi. Et je le lui ferai savoir le soir où elle sera dans la salle. J’adapte aussi quelques détails de mon spectacle aux circonstances. Par exemple, la première fois que je l’ai présenté à Lille, en octobre au Sébastopol, j’ai donné le prénom de Monique à la première fille que j’ai embrassée. En fait, la maman de mon premier metteur en scène, qui était lillois, s’appelait Monique.
Vous commencez par raconter votre naissance, le 7 novembre 1963, dans la froideur du Petit-Quevilly, dans la banlieue de Rouen. Ce n’est pas à proprement parler un Hollywood français et vous avez d’ailleurs cette jolie formule dans votre spectacle: "C’est comme commencer une partie de Scrabble avec que des W." Dans ces conditions, diriez-vous que votre succès compte triple?
Oui, tout à fait. Ce n’est pas une question d’être un fils de, mais c’est vrai que, pratiquement parlant, je n’avais pas de structure pour répéter, pas d’argent. En même temps, si j’avais eu cette aisance, je ne l’aurais peut-être pas fait. On se bat d’autant plus que le combat est difficile.
Vous racontez aussi votre adolescence, l’âge ingrat de la puberté. Est-ce que ça a vraiment été une période difficile pour vous?
Pas difficile, mais j’ai quand même souffert des boutons. Je n’étais pas un ado très séducteur, les filles ne me regardaient pas. C’est peut-être pour ça, que j’ai joué ce personnage à qui tout réussit.
Le récit de vos premières relations sexuelles, comparées avec la guerre au Vietnam, fait beaucoup rire. Êtes-vous resté en contact avec Simone, la "guerrière" anglaise qui s’avère en fait être belge? Vous a-t-elle fait des commentaires sur ce sketch?
Non, pas du tout. Ça, c’est du roman. J’ai écrit cette partie sur le sac à vomis d’un avion, en atterrissant à Toronto, en rentrant du Mexique. J’ai mis le point final quand les pneus ont posé le sol. Pour ma vraie première relation, j’étais dans un camping avec douze jeunes. J’ai partagé mon sac de couchage avec une Belge et on a fait ça dans une grange, à côté. Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur! Et ça a dû me laisser plus de souvenirs qu’à elle!
Vous interpellez le public à plusieurs reprises et vous faites monter quelques spectateurs pour une leçon de disco. Vous est-il arrivé d’avoir des réactions qui vous ont désarçonné?
Pas quand les gens montent sur scène. En général, ils n’osent pas trop faire le malin et ils ont raison: le public préfère les gens simples. En revanche, lors de mon premier passage au Sébastopol, au début de mon spectacle, je demande: "Qu’est-ce que j’ai de plus que vous?" Quelqu’un a crié "rien", avant que je n’aie le temps de dire "du talent", ça m’a un peu désarçonné. C’est la preuve que l’humour est un exercice fragile.
Au cinéma, vous vous êtes illustré dans des comédies populaires. Est-ce ce que vous préférez jouer? Aimeriez-vous diversifier vos rôles?
On verra, je n’en ai pas la volonté pour l’instant. J’ai choisi la difficulté, l’humour. Quand je serai fatigué, je ferai la simplicité, le dramatique. Mais j’ai déjà tâté les deux, avant d’être connu.
Quelques facettes moins connues de Franck Dubosc: vous avez été journaliste pour la chaîne anglaise Channel Four, assistant magicien et acteur dans la série anglaise à l’eau de rose Coronation Street. Que retirez-vous de toutes ces expériences?
S’il y avait une suite à ce spectacle, je pourrais parler de tout ça. Ce sont de très belles années, qui ont forgé mon caractère. Tout à coup, j’étais devenu connu de l’autre côté de la Manche. Mais quand je rentrais à Paris, je retrouvais ma chambre de bonne.
Vous terminez votre spectacle en vous imaginant à 84 ans. Qui aimeriez-vous être à cet âge-là?
Un vieux con avec beaucoup d’argent, un bateau et plein de belles gonzesses (rires). Non, le plus sain, ce serait un vieux monsieur, avec sa femme et de grands enfants qui pensent encore à moi. Mais surtout, que je n’ennuie personne!

LES PETITS PREFERES DE FRANCKY
Probablement aimez-vous Franck Fubosc, mais qu’aime Franck Dubosc? Pour mieux le connaître, nous lui avons demandé ce qu’il préférait. Où l’on apprend qu’il est 16e au championnat du monde de Formule 1 sur PSP...
Musique: le chanteur anglais James Blunt. D’ailleurs, je passe un extrait de l’une de ses chansons à la fin du spectacle, pendant le rappel, quand je m’imagine à 84 ans.
Film: Quand Harry rencontre Sally.
Plat: avocat-vinaigrette en entrée, et puis un bon steack-frites.
Boisson: du rosé.
Sport: j’ai découvert le surf.
Jeu: la PSP (playstation portable, ndlr). J’ai beaucoup l’occasion de m’en servir en tournée, car je voyage pas mal. En ce moment, je suis 16e au championnat du monde de Formule 1, avec Alonso!
Devise: "vise la lune, au pire tu toucheras une étoile." C’est d’Oscar Wilde.
Destination de vacances: le Mexique, et tout particulièrement la province du Yucatan.
Public: il y en a plusieurs. En fait, je dirais celui qui vient me voir. Je suis flatté.
Passages de son spectacle: le récit de ma première relation sexuelle, et aussi celui du vieux monsieur, à la fin, quand je m’imagine à 84 ans. J’aime aussi quand je raconte mon arrivée à Paris, dans une chambre de bonne: c’est un des moments les plus vrais. Ce sont les plus émotionnels, même si ce ne sont pas forcément ceux qui font le plus rire.

Wednesday, September 10, 2008

Notre belle famille

Quelques petites photos personnelles qui n'intéresseront peut-être que les intéressés, mais il faut de tout pour faire un blog! Des clichés d'été pris en Bretagne. A Damgan, Guer et Erquy. En famille.
Pour la peine, quelques petites citations rigolotes choppées sur Evène.fr sur le thème de la famille...
"J'aime ma famille mais je donnerais mes six enfants pour qu'on me débarrasse de ma femme." (Henry Koster, dialogue du film américain Inspector General)
"Le chef de famille c'est celui qui tient la télécommande." (Jean-Jacques Thibaud, extrait de Je m'plaisante)
"Si la théorie de l'évolution est vraie, comment se fait-il que les mères de famille n'aient toujours que deux mains?" (E. Dussault)
"S'informer, c'est se retrancher, n'importe quel père de famille vous le dira, à l'heure de la vaisselle. Le quotidien qui informe nous préserve de celui qui encombre." (Daniel Pennac, extrait de Messieurs les enfants)
Jour de grande marée début août sur la plage de Damgan
A la pêche aux coques
Le geste est sûr, la technique rodée
Philippe à l'action
Chamie dans ses oeuvres
Chapie en quête de coques
Le crapaud, position officielle de la pêche aux coques
Maman est armée, les coques n'ont qu'à bien se tenir
Non non, papa ne fait pas popo (ok, ce n'est pas super élaboré comme légende)
Christine a fait une trouvaille
Maman aussi
Phil se prend pour Passy...
... face à la mer, il se sent grandir
Petite promenade en bord de mer
Renversant, n'est-il pas?
Du sable fin, un bon début
Pas besoin de partir à l'autre bout du monde pour trouver de belles plages pour se balader
Petite pause pour la pose
Recto...
... verso!
OK, les Bleus ont bien merdé à l'Euro. Mais la grande bleue est toujours là pour rendre heureux
Bon vent pour les véliplanchistes
Belles vagues pour les surfeurs
Et tout baigne pour nous
Bon OK, nos rictus nous trahissent: on a connu plus chaud
Mode sans lunettes...
Mode avec lunettes
Début de la série "souffler de bougie"
En plein effort...
La bougie résiste, mais je finirai par en venir à bout
Hey hey! L'heure du cadeau... Merci papa...
... et merci maman!

Monday, September 01, 2008

Rock en Seine: REM 1 - Amy 0

Je n'ai pas vu Amy Winehouse à Rock en Seine cette année. Normal, elle n'est pas venue. Pour la deuxième année consécutive, elle a fait faux bond et a posé un lapin à son public. Du foutage de gueule de premier ordre. Mais comment respecter ses fans quand on ne se respecte pas soi-même? Drogue, alcool... Amy s'autodétruit. Elle a trouvé sa voix, mais pas encore la voie de la sagesse. Alors moi aussi, je ne suis pas venu. J'avais préféré mettre ma RTT à profit pour voir REM le jeudi plutôt qu'Amy le vendredi. Bien m'en a pris. Retours en images et en vidéos sur une journée de rock en scène.
video
Tel Moïse, je fends la marée (humaine)
Premier groupe de l'après-midi: Infadels, un groupe d'électro-rock anglais formé à Hackney (banlieue nord-est de Londres). Quand j'arrive, ils reprennent "Where's my mind" des Pixies. Ca commence bien!
Surprise peu après le concert: je croise dans le public l'un des membres du groupe, à la recherche de sa copine
Venu d'Helsinki, Apocalyptica fait du métal classique. Si si, ça existe: c'est du métal, mais avec du violoncelle. Un mélange des genres assez réussi.
Mention spéciale pour le décor de scène, joliment goupillé
video
Vous êtes sceptique? Ecoutez ça!
video
Une deuxième vidéo pour la route
La brochure passant en liste les annonçait comme "l'une des révélations de cette sixième édition". These new puritans s'est surtout révélé mou et sans saveur.

video
The Do était partout cet été, y compris porte de Saint-Cloud, évidemment. Ici la vidéo d'at last
video
Vous en voulez encore
video
Enfin, leur tube On my shoulders pour finir. C'état plus calme qu'à Carhaix où tout la moitié du public était monté sur les épaules de l'autre moitié
video
Ca enchaine avec Serj Tankian, le chanteur de System of a down
video
Serj Tankian est un musicien américano-néo-zélandais d'origine arménienne, bref un citoyen du monde
video
Tankian a profité de la pause des membres de System of a Down pour se consacrer à ses projets personnels, notamment son album solo, Elect the dead, sorti en octobre 2007
video
Serj Tankian n'hésite pas à s'engager, notamment pour la reconnaissance du génocide arménien : il est l'instigateur d'une manifestation de plusieurs jours à Washington DC en avril 2005 demandant sa reconnaissance par les États-Unis. Autre exemple : son billet Understanding Oil, publié après le 11 septembre 2001 sur le site officiel de System of a Down, a créé la polémique et été retiré par Sony, accusé de cautionner les attentats
video
C'est ensuite l'heure des vilaines jolies choses...
video
Dirty Pretty Things s'est formé en 2005 autour de Carl Barat, ancien co-leader de The Libertines avec Pete Doherty
video
Si Pete Doherty et ses Babyshambles étaient à Carhaix cet été, Carl était lui à Paris
video
Dirty Pretty Things a sorti son premier album Waterloo to Anywhere en mai 2006. Deux singles en sont issus : "Deadwood" et "Bang Bang You're Dead". Les critiques sont plutôt partagés vis-à-vis de cette nouvelle formation considérée plus ou moins comme des "sous Libertines"...
video
Le deuxième album des Dirty Pretty Things, Romance At Short Notice, est sorti au début de l'été 2008...
video
...mais ils n'auront pas eu beaucoup l'occasion de le jouer sur scène, puisqu'ils ont annoncé leur séparation le 1er octobre
video
Ils ont tout de même poursuivi leur tournée jusqu'à un ultime concert le 20 décembre à l'Astoria 2 de Londres
video
Ca commence à remuer devant la scène
video
Kaiser Chiefs, ça dépote!
video
Une petite info au passage: le nom du groupe vient du club sud-africain Kaizer Chiefs Football Club, dans lequel a joué Lucas Radebe, ancien capitaine de l'équipe de Leeds, dont les membres du groupe sont supporters
video
Tricky et sa bande font l'intermède entre les Kaiser et REM
video
C'est parti pour le big show de la soirée avec REM. Et ça commence très fort avec Bad day! Mais non, c'était une belle journée, Michael!
video
What's the frequency, Kenneth? Le cultissime premier single de leur album Monster, sorti en 1994.
video
The great beyond, écrite en 1999 pour le film Man on the moon
video
REM a été formé à Athens (en Géorgie) en 1979 par Michael Stipe (chant), Peter Buck (guitare), Mike Mills (basse) et Bill Berry (batterie). Seul ce dernier a pris ses distances depuis, contraint et forcé en 1997 par des soucis de santé, mais il revient occasionnellement jouer sur scène avec eux
video
Pour la petite histoire, REM est l'acronyme pour Rapid Eye Movement (mouvement oculaire rapide), le nom donné à l'étape du sommeil paradoxal durant laquelle les globes oculaires s'agitent rapidement alors que le dormeur rêve
video
Michael Stipe n'est jamais le dernier pour s'engager sur le plan politique et environnemental
video
Une devise du chanteur est d'ailleurs celle des altermondialistes: «penser globalement et agir localement"
video
Le groupe a régulièrement donné des fonds pour des actions de charité locales et pour aider à la rénovation et à la préservation des bâtiments historiques de la ville d'Athens, d'où ils sont originaires
video
Lors de la cérémonie des MTV Video Music Awards en 1991, Stipe portait une demi-douzaine de t-shits différents affichant des slogans militants, dont "rainforest", "love knows no colors" et "handgun control now"
video
Fidèle à leur ligne de conduite, à Rock en Seine aussi, Michael a décoché quelques flèches anti-Bush.
video
En 2007, le groupe a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland. Ce n'est que justice
video
Supernatural superserious: des riffs vraiment puissants pour ce dernier single, issu de l'album Accelerate
video
Losing my religion: la chanson que mon frère a passé en boucle pendant quelques années, mais je ne m'en lasse pas!
video
Salut Michael! Reviens quand tu veux

Monday, August 25, 2008

Groix, la magie du cinéma

C'était mon deuxième Fifig. L'année dernière, j'avais couvert le Festival international du film insulaire de Groix comme journaliste au Télégramme. J'étais venu, j'avais vu et j'avais vécu de grands moments, notamment ce slow enfiévré avec Niuver. Cette année, j'y suis retourné comme simple festivalier. Bien m'en a pris. Tous les éléments sont réunis pour passer cinq belles journées: un site magnifique, des films passionnants (merci au programmateur Yann Stéphant) et une ambiance sympathique, notamment lors des concerts nocturnes, suivis des afters au Bonobo bar. Conseil d'ami: ne pas en abuser quand même sous peine de somnoler lors des projections, calé dans votre fauteuil molletonné. Côté septième art, il y a trois types de projections. Celle des films en compétition, tous des documentaires traitant, sous une forme ou sous une autre, du thème de l'insularité. Il y a aussi des films mettant à l'honneur un invité, cette année l'Islande, et des projections s'inscrivant dans des thématiques particulières, par exemple le réchauffement climatique. Cette année, j'ai surtout regardé les documentaires en compétition, et je dois dire que j'ai beaucoup appris. Pour la petite histoire, ceux qui ont décroché le pompom sont les documentaires Promised paradise (portrait d'un marionnettiste qui explique aux enfants que le terrorisme, c'est mal, palme d'or du jury), as old as my tongue (l'histoire d'une ancienne africaine qui chante, prix du documentaire le plus humain, également décerné par le jury) et Fear Na Noilean (prix du public). Mais ne me fiant qu'à mon avis totalement subjectif, je me permets de vous livrer mon Top 5, auquel seul le dernier susnommé appartient.

Mon top 5: NUMBER 1) L'exploration inversée, de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier. Il y a du Bienvenue chez les Ch'tis dans ce docu, mais à l'échelle française. Du Visiteurs aussi, des temps modernes. Le principe: un Français qui vit depuis longtemps chez les Papous décide de les emmener en France, pour une exploration inversée. Il les traîne dans un château de nobles prout-prout en Dordogne, puis le lendemain dans une cité HLM du Havre. Ils goûtent à la gastronomie française, notamment les huîtres. Ils découvrent aussi, entre autres, comment on traite nos bêtes d'élevage (dans une porcherie bretonne), nos enfants (à l'école), nos anciens (dans une maison de retraite (initiales "mdr" dans mes bloc-notes!) ou encore nos morts (au travers d'un magasin de pompes funèbres). Avec des conclusions souvent drôles et toujours fines. C'est léger, enlevé, rythmé. Franchement, à 20h50 sur TF1, avec une belle promotion, je suis persuadé que ça cartonnerait. Avis à Laurent Storch, directeur des programmes de la première chaîne.

NUMBER 2) Retour sur Ouvéa, de Mehdi Lallaoui. Nouvelle-Calédonie, le bordel en 1986, les accords de Matignon: voilà ce qu'il me restait de mes leçons d'histoire à propos de cet épisode récent de l'histoire "française". A-t-on tout dit en disant ça? Certainement pas. Medhi Lallaoui le prouve magistralement avec ce docu extrêmement documenté et bien monté. A voir pour savoir ce qui se cache derrière cette sombre histoire. On dit souvent que les cours d'histoire zappent la guerre d'Algérie, la colonisation et tout ce qui porte atteinte à notre chère République. Alors qu'honnêtement, je n'ai pas du tout l'impression que mes profs d'histoire aient "oublié" de nous en parler. En revanche, la cause des Kanaks m'est passée complètement au travers, peut-être parce que cela ne concerne pas les politiciens d'hier, mais ceux d'aujourd'hui, et que leur lutte n'a pas encore trouvé de point final. D'où l'intérêt de comprendre ce qui s'est passé sur Ouvéa, cet île de Nouvelle-Calédonie, du 22 avril au 5 mai 88, en pleine présidentielle Mitterrand vs Chirac. Tout a commencé par une opération symbolique des nationalistes kanaks pour occuper une gendarmerie et hisser le drapeau kanak à la place du drapeau français. Ils veulent protester contre la loi Pons (du nom du ministre de l'Intérieur de l'époque), qui annihile toute velléité indépendantiste et qui devait être soumise par référendum à la population le même jour que la présidentielle (un bon moyen d'être sûr que tous les militaires et autres Français de souche installés sur l'urne ne bouderont pas les urnes). Les gendarmes sont dépassés et pris de panique, ils commencent à tirer en l'air. Les Kanaks dégainent à leur tour et l'opération vire au drame: trois gendarmes sont tués par balles. Les nationalistes prennent le reste des militaires en otage et se séparent en deux groupes. L'un part au sud de l'île. Comprenant l'impasse de la manoeuvre, les Kanaks libèrent les otages. L'autre groupe part au nord de l'île et s'installe dans une grotte. Commencent des négociations entre des policiers du GIGN et les preneurs d'otages. Le 5 mai 1988, le gouvernement Chirac, à la demande de Bernard Pons et avec l'assentiment de François Mitterrand, déclenche l'opération "Victor". Cette opération permet la libération des gendarmes retenus en otages. Au prix de la mort de 19 preneurs d'otages et 2 militaires. L'intérêt du docu, c'est d'avoir interrogé plein de protagonistes de l'époque, à commencer par des preneurs d'otages. Où l'on entend Bernard Pons affirmer une chose, et juste après un ancien policier du GIGN dire son contraire. Ce témoignage est particulièrement intéressant car ce policier affirme que les négociations avançaient bien et que c'est pour des raisons politiciennes que l'assaut armé à été ordonné, les politiques de l'époque craignant que cette prise d'otages ne pèse sur les résultats de la présidentielle. Autre problème souligné: certains militaires qui ont mené l'assaut ont été "zélés", n'hésitant pas à tuer des Kanaks à terre et sans défense. Ce qui a fait passer ces preneurs d'otages, aux yeux d'une partie de la population Kanak, pour d'héroïques combattants de la liberté. S'ensuit la signature des accords de Matignon, sous le gouvernement Rocard, pour ne pas trop sortir par le bas de cette tragédie. Du donnant-donnant: les preneurs d'otages sont amnistiés en même temps que les militaires, un protocole est mis en place vers un référendum d'auto-détermination, qui devrait se dérouler dans les années à venir. Dernier problème: les Kanaks sont devenus minoritaires sur leur propre île, à cause de l'installation successive de couches de populations françaises "de souche". Y a pas qu'en Géorgie ou dans les Balkans que certaines minorités ont du mal à se faire respecter.

NUMBER 3) Fear Na Noilean, de Fear Na Noilean, de Loïc Jourdain. Tory island, un bout de caillou de 5 km sur 1 km à 9 miles de la côte nord-ouest de l'Irlande. 150 habitants résistent encore et toujours aux conditions assez extrêmes. L'insularité, la vraie, bien loin des clichés palmiers, sable fin, tropiques. Ici, il faut lutter pour vivre, travailler, manger. Le documantaire raconte comment le gouvernement irlandais, pour décourager les habitants, avait choisi, dans les années 70, de ne pas investir sur cette île, coupée du monde et sans électricité. C'était jusqu'à l'arrivée d'un prêtre grande-gueule, Diarmuid O Peicin, en 1980. Il a médiatisé l'île de Tory jusqu'au Parlement européen et même Washington. Il vient de mourir. Le réalisateur, présent sur Groix, expliquait qu'à la fin de sa vie, il regardait le film tous les jours. Ce docu lui rend en tout cas un bel hommage.

NUMBER 4) United Africa, d'Olaf de Fleur. C'est le genre de docus qui rappellent à bon escient ce que peut être le sport, et particulièrement le foot. Une belle aventure collective, une histoire d'amitié et de volonté pour atteindre un but commun, la victoire. On est bien loin des enfants de la balle surpayés, chouchoutés et individualistes du foot pro moderne. Le docu suit la saison d'une équipe islandaise. Particularité: elle se compose uniquement d'immigrés. Au départ, ils se prennent des branlées avec des scores qui rappellent davantage le baby-foot. Ca gueule sur les arbitres, ça se frictionne au sein de l'équipe, ça se fissure de tous les côtés. Et puis, en resserrant les boulons en fin de saison, avec le couteau sous la gorge, l'équipe se sauve in extremis d'une descente qui lui semblait promise. Tout ça est bien emballé, rythmé, décapant.

NUMBER 5) Cuba, l'art de l'attente, d'Eduardo Lamora. C'est un exilé cubain qui revient sur son île, dans sa famille, chez les siens. Il avait profité d'un voyage à l'étranger pour prolonger son infidélité à Fidel. Mais ce n'est pas son déracinement qu'il raconte, mais son bref retour au pays du cigare. Avec poésie, grâce et élégance. Lamora donne de quoi faire aimer Cuba et détester son régime.
Marre du terre-à-terre? Et si vous preniez la mer...
Bye-bye France...
... Bienvenue à Groix!
Je quitte le continent alors que le ciel menace de me tomber sur la tête
Cap sur Groix!
A bord du bateau, l'excitation monte au fur et à mesure qu'on approche de Groix
Une de mes activités favorites sur les festivals: faire de la promo pour Le Télégramme. En plus, le journal est partenaire unique du Fifig, Ouest-France ayant exigé en vain l'exclusivité
Un bon bouquin et les écouteurs pour agrémenter la traversée
Quechua, partenaire officiel sur la route des festivals
A l'abordage de Port-Tudy
Faut viser le trou...
Une idée de film pour Dany: Bienvenue au paradis! Lieu de tournage: Groix
Derniers mètres avant de toucher un autre monde
L'équation du bonheur: arrivée sur l'île = sourire sur le visage
Comme à Cannes, ça commence par une montée des marches...
... mais ici, ce sont les festivaliers qui en bavent sec, sacs sur le dos
Vous ne saviez pas où passer vos prochaines vacances?
Le genre de vues qu'on a en allant du camping gratuit au site du festival
La belle affiche de l'édition 2008 a été carrément peinte sur une maison de Port-Lay
Les bénévoles ne chôment pas...
... Normal, le premier soir, pour fêter le lancement du festival, c'est apéro gratuit pour tout le monde!
Pour ouvrir les festivités, le cercle celtique de Groix est de la partie
La gavotte a toujours la cote
Ca a de la gueule, un petit Breton en costume, non?
Le public familial apprécie le spectacle
Ils ont bon dos, ces danseurs en culotte courte
Les filles aussi papotent entre deux tours de danse
Les bras collés, les oreilles décollées
Un geste pas très académique
"Eh oh, tu me l'apportes, mon kouign amann?"
Une coiffe décoiffante
Il y a ceux qui tournent au Kool Shen, et ceux qui tournent au chouchen
La magie opère et les festivaliers emboîtent bientôt le pas des danseurs du cercle
Toutes les générations de Bretons unies dans un même mouvement
Dans la Sainte-Trinité des organisateurs du festival, voici le Père: Gwéna Le Gras.
C'est à la fois le président de l'association et le grand chef des bénévoles
Le fils de Dieu, Yann Stéphant, excellent programmateur du festival (à droite)... Qui pose ici avec son homonyme
Jean-Luc Blain, directeur du festival, le Saint-Esprit
Ancien journaliste à France Inter, ce baroudeur a écumé le monde avant de poser ses valises à Groix
Norbert Métairie, maire de Lorient, est un fidèle festivalier
Port-Lay, sa jetée aux pieds mouillés
Petit jardin secret caché dans les hauteurs de Port-Lay
Pour une fois que les pots de fleurs ne gâchent pas la fête
Quand la compagnie Carabosse bosse
Grue de Groix sous gros ciel gris
Pour la soirée d'ouverture, la compagnie Carabosse est aux manettes
Nouvelles versions des "petits ruisseaux qui font les grandes rivières"...
...c'est avec de petites torches enflammées qu'on fait des grosses boules de feu
L'enfant, le feu, l'effet, la fête
Ambiance préhistorique post-guerre du feu lors de cette première soirée du Fifig
C'est un haut-lieu du festival. Ca se passe comme ça au Bonobo bar, réputé pour ses afters de folie
Guitare cherche doigts. S'adresser au Bonobo bar
Au Bonobo, la bière coule à flots
Soha, premier concert d'ici et d'ailleurs pour lancer le festival côté scène
Soha, pas de graisse mais de la grâce (désolé)
C'est une belle histoire de ce Fifig... La chanteuse de Buddafh'gang étant malade, c'est une bénévole venue d'une île canadienne qui l'a remplacée après avoir répété tout l'après-midi avec le groupe
Star d'un soir, sous les projecteurs
Le saxophoniste du groupe s'est donné à fond, mais n'a jamais été à bout de souffle
Les Ramoneurs de menhir, avec leur medley punk-musique celtique, ont tout emporté sur leur passage
Sympas, ils ont fait monter des mini-punks pour partager la scène avec eux
Moonlight Benjamin, la chanteuse haïtienne de Dyaoulé Pemba, qui critique les technocrates du FMI au détour d'une chanson... Message reçu, DSK?
Le violoncelliste virtuose de Dyaoulé Pemba, le crâne chauve et le talent au bout des doigts, comme Fabien Barthez en somme
Entraînement intensif avant Fort-Boyard?
En bon critique ciné, je n'ai pas peur de me jeter à l'eau
Quand mon blog bugue! Non ce n'est pas un oeuf sur le plat... Oui c'est une tasse de café... Vous trouvez que ça n'a aucun intérêt? Tant pis, je fais ce qui me plaît.
Le retour se fait à bord du Kreiz er Mor, et je me retrouve aux premières loges pour sauver ma peau, des fois qu'il se prendrait pour le Titanic
Breton? Français? Européen? Citoyen du monde? Qui suis-je, moi qui vogue sur cette planète depuis 26 ans?
Quand je quitte Port-Tudy, le vague-à-l'âme arrive
Les sirènes du phare de Port-Tudy chantent encore la même mélodie
Ce petit paradis n'a rien d'artificiel
Les voiliers de la marée, à ne pas confondre avec les voiles de la mariée

Sunday, August 10, 2008

Lorient déroule son Fil

Chaque année, le Fil (festival interceltique de Lorient) réunit, sur la côte sud de la Bretagne, des Celtes du monde entier. Dans une ambiance de fête et de forte identité culturelle. Il n’y a pas que chez les Ch’tis qu’on est bienvenu!
Le Fil ne connaît pas la crise... du pouvoir d’achat. À Lorient, le prix des boissons a diminué cette année (2€ le demi au lieu de 2,50€). Inutile de préciser que les festivaliers ont apprécié. Car en terres celtes, il n’y a pas que le ciel qui s’arrose.
Pour autant, l’Interceltique ne puise pas sa magie dans ces marmites de potions: "C’est l’endroit où l’on se retrouve et où l’on retrouve ses racines, explique Laurent Marc, journaliste au Télégramme à Lorient. Sans côté nostalgique, car il n’y a pas que des vieilles barbes dans le public. Dans les bagadoù et les cercles celtiques, il y a énormément de jeunes." Traduction pour les non-initiés à la culture bretonne: un bagad, c’est un groupe de musique avec des sonneurs de cornemuses, des joueurs de bombardes et des percussions. Un cercle celtique, c’est un groupe de danses bretonnes.
"C’est le rendez-vous annuel de la grande famille celte, poursuit Flore Limantour, sa chef. Ici, les gens ne viennent pas pour les têtes d’affiches, mais pour le plaisir de se rencontrer et de partager des moments forts, que ce soit au détour d’une rue, d’une terrasse ou dans un chapiteau où l’on entre par hasard." La preuve: le festival off, dans les bars, est tout aussi couru que le in. La 38e édition du Fil a commencé le week-end dernier. Elle se termine ce week-end. L’invité d’honneur est le Pays de Galles. Alors comment trinque-t-on en Gallois? Pour le savoir, rendez-vous à Lorient!

Thursday, July 24, 2008

Aux Vieilles Charrues de Carhaix

Mon manège à moi, c'est ça. Une nuée de mains levées, des coeurs ouverts reprenant en choeur les gimmicks de leurs idoles, A l'abordage! Pour la première fois (à ma connaissance en tout cas), les organisateurs avaient retenu un thème pour les déguisements: les piratesun Gwen Ha Du réalisé en strings noirs et blancs flottant dans les airs, des Bob l'Eponge recouvrant leur liberté et s'envolant, hilares, dans le ciel bleu de Carhaix, les verres de lait distribués gratuitement par les agriculteurs locaux qui délaissent leurs vieilles charrues pour les Vieilles Charrues, la douche glacée du matin dans les vestiaires de foot, les sandwichs frites-merguez et les tartiflettes qui permettent de reprendre des forces pour retourner pogoter, slamer et crier à tue-tête, le mélange des genres et des publics, la foule qui ondule, s'époumonne, vibre, communie... Champs de 2 secondsC'est ma grand-messe annuelle. Le reste de l'année, Carhaix, c'est in the middle of nowhere. Mais pendant les Vieilles Charrues, c'est the place to be. D'abord immanquables, puis inoubliables. Retour en images sur cette 17e édition historique. Avec 215000 spectateurs en 4 jours, le record de 2006 (206000) a été dépassé. La rançon d'une belle affiche, d'un temps idéal et surtout d'une ambiance magique. Je n'ai pas fini de tourner ma tête vers Carhaix quand arrivent les Vieilles Charrues. Je suis toujours à la fête quand Carhaix me tient dans ses bras.
Tout bon Carhaix commence en train. Depuis que je me suis retrouvé une année avec ma voiture en fourrière et une autre année à chercher en vain la voiture d'une copine qui ne savait plus où elle l'avait garée, j'ai compris: mieux vaut faire confiance à la SNCF. Autre avantage: on atterrit en plein centre, à quelques enjambées du site de Kerampuil où se déroule le festival
Les Vieilles Charrues commencent, tradition oblige, par un tirer de vieille charrue.
Le maire de Carhaix, Christian Troadec, fait partie des pionniers qui ont lancé le festival au début des années 90.
C'est parti pour quatre jours de folie!
Lors de son discours, il est revenu sur la récente lutte qu'il a mené avec la population pour sauver l'hôpital de Carhaix, menacé de fermeture par l'ARH, donc l'Etat. Les Carhaisiens ont gagné par la voie judiciaire. Chapeau!
Emmanuel Braconnier, le nouveau directeur des Vieilles Charrues, a pris les commandes du festival début juin. Il était auparavant directeur de la salle de concert lilloise L'Aéronef.
Le président de la région Bretagne Jean-Yves Le Drian était aussi de la partie
Vice-président des Vieilles Charrues, Jean-Philippe Quignon a largement participé à l'élaboration de la programmation
L'effort avant le réconfort. Je dirais même plus: ils ont mis la charrue avant les boeufs!
Fidèles au poste, les Frères Morvan, chanteurs traditionnels bretons
Photo de famille entre joyeux laboureurs... Et devinez quoi: personne n'était à la bourre (ah ah ah)
Le sillon est tracé, le festival peut commencer
Bon, faut avouer que ce n'est pas trop dans le thème de l'année (les pirates), mais le déguisement est plutôt réussi
Le règne de la 2 seconds, qui se décline aussi maintenant en 3 seconds, s'est encore étendu dans le camping où l'on vérifie, chaque jour, que le bonheur est dans le pré
Quelques Mexicains ou fac-similé
Ouf! Les porteurs de Gwen ha du en strings sont encore là cette année
Un Carhaix sans Gwen ha du en string, ce ne serait pas pareil
M'accorderez-vous un petit tango?
Ils ont des chapeaux ronds (paraît qu'on appelle ça des bobs de nos jours)... et le fameux Gwen ha du
Les tee-shirts rivalisent d'ingéniosité, comme tous les ans
Mais non, faut pas se prendre la tête. OK il n'y a plus de mayonnaise aux restos, mais il reste encore de la moutarde
Yann, qui a pris toutes ces jolies photos ou presque, est dans tous les bons coups
Bras de marée humaine
Les Vosgiens sont venus en force, semble-t-il
A dada, c'est leur dada... Sur les épaules, on voit mieux la scène
"Vas-y prends moi en photo! Je rêve d'être dans le Nord-éclair!" Raté, mais t'es sur mon blog, c'est déjà pas mal
Quand les BB Brunes entrent en scène, les babies bellent
Les photographes attendent sagement de pouvoir entrer dans la fosse
Le public attend, moins sagement, qu'un groupe monte sur scène
A défaut d'éléphants roses, on aura vu des fantômes bleus
Un tronc d'arbre bien utile pour reprendre quelques forces
Tous les moyens sont bons pour se faire repérer au milieu de la foule. Comme chaque année, eux sont venus avec leur poupée gonflable
Petite leçon de Breton au village de la Garenne
Le public se prend au jeu (car oui, c'est amusant d'apprendre le Breton)
Certains préfèrent la lutte bretonne
Ils sont aux prises avec la Breizh revival
Avis aux amatrices! Au moins, elles ne pourront pas dire qu'il y avait tromperie sur la marchandise
Allez, tous ensemble: "Joyeux aaaaaaannnnnnnnnniiiiiiiiversairrrre..."
Rappelons que la polygamie est interdite en France. Il va donc falloir choisir, Mademoiselle: Jean ou Paul?
L'âme des pirates jamais ne mourra. Celle de Carhaix toujours perdurera
Petite pause tendresse dans ce déferlement de décibels
Ces festivaliers au coeur léger ont fait une razzia sur les Bob l'éponge et autres petits bonshommes gonflés à l'hélium
Ah! Enfin de vrais pirates. Haut les mains!
Jeunes festivaliers d'humeur joviale (pour ne pas dire éméchée)
Encore des pirates! On ne s'en lasse pas
Drôle de pirate, quand même. C'est plus ce que c'était. Tout se perd, ma pauv' dame
Superman a fait le déplacement (à vol d'oiseau, ça va de soi)
Il n'y a pas d'âge pour aller aux Vieilles Charrues
Quand Christophe Maé passe, les enfants se pressent
Les vieux rockeurs aussi se sont donné rendez-vous à Carhaix
Un peu d'envers du décor: cette année au village presse, on pouvait se faire masser. C'est vrai que c'est super dur d'être journaliste aux Vieilles Charrues
La conférence de presse de quelques festivaliers choisis au hasard permet aux organisateurs de savoir ce qu'il faudrait améliorer pour les prochaines éditions
A l'accueil du village presse, les bénévoles ont le sourire
Contrairement aux apparences, ce festivalier retire du liquide, non pas de sa vessie, mais du distributeur... Eh oui, c'est pourtant marqué sur son caleçon: à l'aise Breizh!
Public sur le point de s'enthousiasmer. Décollage imminent
Public enthousiaste. Atterrissage prévu dans quelques heures, voire quelques jours
Jeu d'ombres et de lumières
Pirate au PikachuFlux artistique
Envers du décor, suite: cette année, j'ai même pu faire un tour au club VIP, avec Arthur, un Carhaisien pure souche, et Mel
Arthur y a récolté une belle collection d'autographes de stars internationales: Vanessa Paradis, Johnny Deep, M et Laurent Guennegues
Snif! Carhaix c'est fini... Retour à Lille, la 2 seconds sur le dos et les souvenirs dans la tête. Rendez-vous l'année prochaine

Vieilles Charrues forever

Un article que j'ai publié dans Nord-Eclair ce jeudi pour présenter le festival des Vieilles Charrues.
Ben Harper est très attendu ce jeudi soir en Bretagne, terre qu’il affectionne. Il s’agit de son troisième passage aux Vieilles Charrues.
Le plus gros sillon musical de l'année
Une ambiance unique et une affiche sans concession, ou presque. Moins médiatiques que les Francofolies, les Vieilles Charrues, en plein centre-Bretagne, sont pourtant sur la première place du podium des festivals en France.

Babyshambles et leur imprévisible leader Pete Doherty vont enflammer Carhaix lors de la première soirée du festival
"Je suis venu, j’ai vu et j’ai vécu un grand moment." Cette phrase de Jules César un brin détournée, c’est Mickael Furnon, le chanteur de Mickey 3D, qui l’avait écrite dans le livre d’or des Vieilles Charrues après un passage sur scène. Il n’est pas le seul à vivre de grands moments à Carhaix, petit village d’irréductibles Bretons. 7600 habitants l’hiver, 50000 pendant les Vieilles Charrues. Le record, en 2006, a été de 206000 entrées en quatre jours.
Retour seize ans en arrière. Le centre-Bretagne souffre économiquement. Christian Troadec et quelques amis veulent redynamiser le pays de Carhaix: "On voulait pouvoir rester vivre et travailler ici, redonner de la fierté aux habitants, qu’ils puissent voir des chanteurs connus, comme dans les grandes villes!" Dans un premier temps, ils organisent une fête champêtre avec notamment un concours de tirer de charrue. Le nom choisi est aussi un clin d’oeil au festival des Vieux Gréements à Douarnenez.
Seize ans plus tard, le public afflue, les stars s’y ruent, le chômage est en recul et Christian Troadec vient d’entamer son deuxième mandat de maire de Carhaix. Mission accomplie!
Lemmy et ses amis de Motorhead se produisent jeudi sur la scène carhaisienne.
Le festival qui pesait
5 millions d’euros

Les retombées économiques sont énormes pour le pays de Carhaix. Elles ont été évaluées à cinq millions d’euros et une centaine d’emplois à l’année dépendent directement de cette masse. Premier d’entre eux, celui de directeur du festival. Un siège occupé depuis peu par Emmanuel Braconnier, après quatre ans à la tête de l’Aéronef, la salle de concert lilloise: "Pour l’instant, je prends mes repères, même si je viens aux Vieilles Charrues depuis six ans. Ce festival dégage une forte énergie, je n’en connais pas d’autre aussi inscrit dans le terroir local. Il n’a pas été parachuté à Carhaix du jour au lendemain." Une petite pique au Live Nation qui organise de grands festivals comme le Main Square à Arras, même si Emmanuel Braconnier dénie toute rivalité: "Est-ce que les artisans sont là pour concurrencer la grande distribution?"
Symbole de cet esprit artisanal: l’armada de bénévoles réquisitionnés sur place pour être au four et au moulin. 5700 en tout! Surtout, ceux qui y sont allés le savent bien : les Vieilles Charrues, c’est une ambiance familiale, conviviale et festive assez unique en France. Rien à voir avec le Main Square festival d’Arras. Ce dernier a misé sur une affiche haut de gamme, avec des tarifs très élevés comparés à ceux des Vieilles Charrues (72 euros le pass 3 jours à Carhaix, 135 euros à Arras). L’ambiance, plus huppée au Main Square, s’en ressent.
Les Brestois de Matmatah vont faire leur dernier concert dans l'Ouest à Carhaix
La der de Matmatah
Sur scène, les Vieilles Charrues misent sur une affiche très diversifiée. Ben Harper revient ce jeudi sur la scène carhaisienne pour la troisième fois. Lors de son dernier passage, il avait mis le public en ébullition en arrivant drapé dans un Gwen ha du, le célèbre drapeau breton. De Christophe Maé à ZZ Top, des vieux des Vieilles de Matmatah (pour leur dernier concert dans l’ouest avant leur séparation) aux jeunots des BB Brunes, il y en aura une fois de plus pour tous les goûts. D’autres groupes vus à Arras seront aussi à Carhaix: the Do, the Wombats et the Kooks.
Les Texans de ZZ Top seront sur scène demain soir. Avec leur belle barbe qu’ils refusèrent de raser en 1984 pour un million de dollars pour une publicité pour Gillette®.
La chanteuse américaine Brisa Roché et ses musiciens ch’tis vont aussi goûter à l’ambiance des Charrues. Même l’humoriste Gad Elmaleh viendra amuser la galerie, une nouveauté lancée en 2006 par Jamel Debbouze qui avait obtenu un immense succès et offert aux festivaliers une pause détente au milieu de ce marathon de quelques 42 heures de concerts.
Les Vieilles Charrues (VC pour les laboureurs intimes) vont donc tracer, dès aujourd’hui et pendant quatre jours, leur 17e sillon musical. À sillonner de toute urgence pour les amateurs de festivals...

Braconnier, nouveau laboureur en chef

Une interview d'Emmanuel Braconnier, nouveau directeur des Vieilles Charrues, parue dans Nord-Eclair ce dimanche.
Âge: 38 ans. Profession depuis deux mois: directeur du plus grand festival de rock de France, les Vieilles Charrues à Carhaix, qui prend fin aujourd’hui. Emmanuel Braconnier a aussi passé quatre ans comme directeur de l’Aéronef, la salle de concert lilloise.
Emmanuel Braconnier (à droite sur la photo) lors du traditionnel tirer de charrue qui ouvre le festival
Comment vivez-vous vos premières Vieilles Charrues en tant que directeur du festival?
C’est une très grosse impression et satisfaction en même temps. Une grosse impression parce qu’il y a toute une partie immergée de l’iceberg que je ne connaissais pas : les infrastructures, la logistique, l’organisationnel... C’est absolument unique. Il n’y a pas de marge en terme de temps : toutes les pièces doivent s’emboîter les unes aux autres.
Quelles sont vos missions en tant que directeur pendant les quatre jours de festival?
Elles sont quadruples. Je dois veiller à ce qu’il n’y ait pas de problème, régler les problèmes de l’instant, mettre de l’huile dans les rouages. Je dois aussi faire un travail auprès des équipes, que ce soit les bénévoles, les techniciens ou encore l’administratif. Troisièmement, je dois être l’écho du festival auprès des partenaires, mécènes et médias. Enfin, je dois veiller au grain pour que les conditions d’accueil du public soient optimales. Par exemple, on limite la capacité d’accueil à 55000 entrées payantes. Ce matin (samedi, ndlr), on en était à 52000 alors on a décidé d’arrêter certains points de location.
Derrière Emmanuel Braconnier, nouveau directeur du festival, vibrent 60000 festivaliersQuel bilan dressez-vous de ces premières journées?
C’est un succès sur tous les plans: la fréquentation (le record de 2006, 200000 entrées en quatre jours, va probablement être réédité, ndlr), la qualité scénique, la ferveur populaire déclenchée notamment par Motorhead le premier jour et ZZ Top vendredi, et la sécurité puisqu’il n’y a eu aucun pépin majeur. Enfin, le temps est idéal: pas de pluie et une température clémente.
Quels moments avez-vous le plus appréciés?
Vendredi, il y a eu deux moments fameux: les deux rappels de ZZ Top et la prestation de Calvin Harris pour clore la soirée. Même Christophe Maé a super bien fonctionné. Avec ce tiercé, on a une belle image des Vieilles Charrues: trois styles complètement différents qui attirent des publics très divers, et une grande ferveur populaire.
Depuis quand êtes-vous un laboureur émérite? Quels sont vos meilleurs souvenirs?
Je venais en tant que festivalier depuis six ans. J’ai aussi été juré au tremplin musical des Jeunes Charrues. C’est difficile de sortir un souvenir du chapeau. C’est comme de demander si tu préfères ton père ou ta mère. Les concerts de Muse en 2004 et ZZ Top cette année ont vraiment été énormissimes!
Quel budget annuel gérez-vous? Pouvez-vous le comparer au budget de l’Aéronef?
C’est incomparable. Ici, le budget annuel est de 7,8 millions d’euros. Quand on a des excédents, ils sont réinvestis dans l’économie locale sous la forme d’équipements structurants, comme la salle de spectacles Glenmor, le château de Kérampuil à côté du site du festival, ou encore le lycée Diwan (un lycée bilingue français et breton qui se trouve à Carhaix, ndlr).
Avez-vous un petit message pour vos anciens collègues de l’Aéronef?
Il y a aussi une vraie ferveur populaire autour de l’Aéronef. La salle a retrouvé sa place au coeur des Lillois. Il ne faut jamais oublier que le public, c’est le fondement de toute salle de spectacle comme de tout festival.
Y a-t-il des artistes présents lors de cette 17e édition que vous leur recommanderiez?
Calvin Harris, Gogol Bordello et Maïon et Wenn, qui avaient gagné le templin des Jeunes Charrues l’année dernière et sont donc revenus cette année.

Motörhead: du lourd pour commencer

Commençons ce récit des concerts de mon Carhaix 2008 par un aveu, une confession, une absence. Oui, on a séché les BB Brunes qui ouvraient le bal, mais on les avait déjà vus à Arras. Point trop n'en faut. Adrien Gallo n'a pas eu l'air de trop souffrir de notre absence, je crois même qu'il ne l'a pas remarqué. Ouf! Du coup, on arrive sur le site pour Motörhead. Du lourd, du très lourd même. Du heavy metal comme on n'en a plus vu à Carhaix depuis Deep Purple. Ils ont dû en voir, des scènes et des publics, depuis la fondation du groupe en 1975. Enfin, surtout Lemmy Kilmister, le bassiste, seul rescapé depuis le début. Le groupe est considéré, par les spécialistes et par Wikipédia(!), comme étant à l'origine du speed metal et du thrash metal. Et c'est vrai que ça dépote grave! Bon, faut avouer qu'ils ne sont plus tous jeunes. Pour les sauts de cabri et l'intensité scénique, faudra repasser. Mais le son est toujours là. Et ça force le respect, à défaut de l'admiration. De quoi parlent leurs chansons? De guerre, du combat du "mal" contre la "bien-pensance", de drogues, de sexe et de la vie "rock and roll" sur la route... Mais en contournant habilement les clichés. Lemmy a d'ailleurs déclaré dans une interview que la personne qui avait le plus influencé sa carrière était sa professeur d'anglais au collège, lorsqu'elle lui avait fait découvrir la littérature et l'écriture. Mikael Delaoglou à la batterie (sauf erreur de ma part, mais de toute façon, vous aurez du mal à le reconnaître) Phil Campbell à la guitare préparerait-il le grand soir? Et l'inoxydable Lemmy à la basse: la grande classe Les fans sont à la hauteur de leurs idoles

Ben Harper dans son jardin

Jamais deux sans trois, dit le dicton. Et pour son troisième passage aux Vieilles Charrues, Benjamin Chase (de son vrai nom) a une nouvelle fois conquis le public avec ses balades folk. Sa voix épouse sa guitare pour faire nous faire vivre une lune de miel dans sa galaxie lointaine. Techniquement, il maîtrise le slide à la perfection. Rendez-vous avec l'émotion.
Et puis, il faut le rappeler: Ben Harper est un peu chez lui en Bretagne, terre qu'il affectionne tout particulièrement. Lors de son second passage, il n'avait pas hésité à revenir sur scène drapé dans un Gwen ha du. Frissons garantis. Ben Harper nous fait aimer les States, ceux qui ont tant donné à la musique. Ceux d'Obama aussi, où un métisse peut réussir son rêve américain. Oui, Ben a vraiment des diamants à l'intérieur et c'est toujours avec grand plaisir que l'on écoute, presque religieusement, ses dernières pépites. Merci aussi à ses criminels innocents qui lui servent de musiciens et de compagnons de route pour sa tournée. Et à très bientôt à Carhaix!
Tranquille, serein, une plénitude communicative
Rise, toujours un grand moment, même si c'est fatigant de garder le poing levé aussi longtemps
Moment de communion à la grand-messe carhaisienne
Concentration maximale chez Ben Harper...
... et quelques moments de petits relâchements...
...voire de franches euphories!

Babyshambles: Pete le feu

Le nouvel enfant terrible du rock, Pete Doherty, avait la lourde tâche de clore la soirée du jeudi en beauté et en gros son. Mission accomplie pour les Babyshambles! Avec difficulté parfois, en témoignent les deux chutes initiales de Pete, qui n'avait pas dû boire que de l'eau avant de monter sur scène. Digne de Shane MacGowan lors de son passage aux Vieilles Charrues en 1998... Mais Pete Doherty (chant/guitare), Mick Whitnall (guitare), Drew McConnell (basse) et Adam Ficek (batterie) ont fini la soirée en trombe avec leur rock déjanté.
Le groupe anglais fondé en 2003 a cartonné avec les chansons de leurs trois albums. Le premier, Down in Albion, sorti en 2005, contenait notamment les singles Fuck Forever (titre assez explicite dont nous vous épargnerons la traduction) et Killamangiro. Sur le dernier, Shotter's Nation, sorti en octobre 2007, se trouvent les chansons "Delivery", "There She Goes", "Unbilotitled" et "French Dog Blues" (le blues du chien français? si quelqu'un a une explication, qu'il n'hésite pas à me la donner!)
Pete Doherty, l'ancien Libertine et nouveau Babyshamble
Il se concentre sur sa gratte...
... mais soudain, c'est la chute
Il se relève et reprend les commandes
Pour changer, encore une photo de Pete Doherty
Pour ceux que ça intéresse (si tant est que ça peut intéresser quelqu'un), Pete est né le 12 mars 1979 à Hexham, qui est jumelée avec Saint-Lunaire, petit village chicos près de Saint-Malo. Son papa était militaire. Pour ceux que ça intéresse vraiment beaucoup, le jour de sa naissance, Luís Herrera Campíns est devenu président du Venezuela, et l'écu (qui deviendra ensuite l'euro) naissait aussi.
Passionné de littérature, c'était un bon élève et il a remporté, dans son adolescence, un prix pour un de ses poèmes
Son premier job a été de remplir les tombes au cimetière. Aujourd'hui, il attire les foules à Carhaix. Que de chemin parcouru! En espérant que cela donne de l'espoir à tous les fossoyeurs qui visiteraient ce blog
Le 8 avril 2008, Peter Doherty a été condamné à 14 semaines de prison pour avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle accordée en octobre 2007. Son groupe, les Babyshambles, n'a donc pas été présent dans de nombreux festivals tels que le Printemps de Bourges. Finalement, il a été libéré le 6 mai 2008 après seulement 4 semaines de détention. A temps pour les Vieilles Charrues. Ouf!

Maïon et Wenn: la révélation

Attention révélation! L'année dernière, elles avaient gagné le tremplin des Jeunes Charrues et donc le droit d'ouvrir la journée du vendredi sur la scène Kerouac. Cet hiver, je les avais vues au Museum Café à Rennes, dans un bar en Trans. Une découverte qui ne m'avait pas laissé de glace. Mais le show qu'elles ont produit aux Vieilles Charrues était tout bonnement génial! C'est bien simple: avec les ZZ Top et The Hives, ce sont les 3 concerts que j'ai préférés de cette édition 2008. Devant des pointures comme Ben Harper, Motörhead ou encore Vanessa Paradis. Pas mal pour deux débutantes!
Elles ont tout pour elles. D'abord, elles sont bourrées d'humour. Mention spéciale pour le texte délirant de "Bambi est mort ce soir, Panpan a le cafard".
Ensuite, leur jeu scénique est parfaitement rôdé. Les belles se renvoient sans cesse la balle. Elles font intervenir des danseurs de hip-hop super doués. Leurs musiciens aussi se prêtent au jeu impétueux des demoiselles, notamment l'accordéoniste qui n'hésite pas à délaisser son instrument fétiche pour jouer le gentleman dans un beau rôle de composition.
Enfin, leurs chansons sont belles, tout simplement. Les deux Nord-Finistériennes changent de style comme de mimiques, alternant entre du rap ironique à la Kamini et de la chanson française dans sa plus pure tradition, d'Edith Piaf à Anaïs. C'est souvent émouvant et toujours juste. Si ces deux-là ne percent pas, je me retirerai définitivement de la vie musicale. Ou alors je braillerai à la manière de Marianne James: "Vous avez vraiment des oreilles de merde!"
Wenn, Gwenn Jouin de son vrai nom, est à la fois chanteuse et pianiste, instrument qu'elle manie de ses doigts délicats depuis qu'elle a 8 ans
Maïon joue la comédie depuis des années. Elle a notamment fait ses armes avec des spectacles intitulés "La Breizh Pride" (danse–batucada) ou encore "La Boîte à Meuh" (mime)
Wenn et Maïon se connaissent depuis une dizaine d’années
Après avoir participé à différentes formations musicales et théâtrales chacune de leur coté, elles ont uni leurs talents en 2005 dans "Les Soeurs André"
En 2006, Gwenn quitte le groupe. Marion lui propose de mettre en musique les textes qu’elle écrit. La pianiste est intéressée par le projet car elle souhaite enfin composer sa propre musique. Les séances de travail commencent et toute occasion de s’amuser développer l’univers de Maïon et Wenn est une occasion à saisir... L’amour, la mort, l’infidélité et la folie sont leurs sujets de prédilection.
Leur accordéoniste, outre ses talents de musicien, a aussi montré qu'il savait joué la comédie
Maïon et Wenn, c'est le spectacle assuré
Maïon n'est pas que bonne comédienne. Ayant suivi toute sa scolarité à Diwan (école bretonne), elle est bilingue et travaille également en doublage d’oeuvres audiovisuelles pour TV Breizh (si vous avez l'occasion de regarder un Colombo en Breton, ça vaut le coup!) et France 3
Wenn est avant tout chanteuse (non non, pas beugleuseà, elle pratique sa spécialité en chorale et en solo depuis son jeune âge
Les deux font la paire et le duo des étincelles
Elles ont su s'entourer de très bons musicos
En conférence de presse, les deux comparses sont fidèles à elles-mêmes: sympas, drôles, déjantées. Extraits.
Maïon: "Je me suis niqué le genou à force de faire la vague" (figure de style acrobatique quand elle s'essaie au hip-hop)
Wenn: "Quand on a un beau cul, faut le montrer! On essaie de ne pas faire un truc super propre, mais de montrer plein de conneries qui font qu'on se fout de votre gueule! Le n'importe quoi, il est possible que si t'as bien bossé avant. Pour construire un morceau, il faut d'abord le faire vachement propre avant de le démolir. Moi, j'écris un truc super cucu, Maïon apporte le côté décalé. A partir du moment où l'on va jusqu'au bout de notre délire, ça passe."
Maïon: "On aime bien passer du rire aux larmes, l'amour-humour. Moi j'adore les couchers de soleil et les dauphins! Et on aime vraiment bien Francis Cabrel toutes les deux."
Wenn: "Y a des trucs, c'est tellement nul que c'est génial. Non, je ne parle pas de Francis Cabrel, mais de la variété en général."
L'accordéoniste: "On les supporte, c'est comme un couple. Des fois, elles sont chiantes, surtout une."
Wenn reconnaît aussitôt: "Parfois je suis quelque peu tyrannique dans le travail. Ca va jusqu'à la cuisson des pâtes. La suite? Pour l'instant, on aimerait que notre spectacle tourne au moins quatre ans. Après, on a déjà des idées... On évolue tout le temps. On a regardé une vidéo des Jeunes Charrues l'été dernier: on gueule comme des vaches. Là, on est au milieu de l'échelle, on a encore plein d'échelons à gravir." Là, je me dois d'interrompre ce débordement de modestie. Certes, elles ont encore plein de marches à escalader en terme de notoriété, mais en terme de qualité scénique, croyez-moi, elles sont rôdées. Là, alors que Maïon a fait allusion à l'hôpital de Carhaix, pour lequel la population et les élus se sont battus car il était menacé de fermeture, je leur demande si, hormis pour cette cause, elles seraient prêtes à s'engager politiquement... Visiblement, c'est une pomme de discorde: si Maïon est super engagée politiquement, Wenn n'en a pas envie. "C'est notre différence qui fait notre richesse", conclut-elle en se marrant.
Wenn: "C'est important de ne pas rentrer dans le moule. Ca serait génial d'arriver où on veut sans passer par les cases obligatoires, comme chez Cauet par exemple."
Un des deux danseurs de hip-hop: "C'est un kiff pour nous. Sur une scène comme ça, on ne peut qu'exprimer notre plaisir."
Maïon: "Ils nous ont appris à bouger notre cul!"
En conférence de presse, Maïon et Wenn ont montré qu'elles ont déjà tout des grandes, et même plus: un sens de l'humour décoiffant
Pendant ce temps-là, l'accordéonniste sabre (ou sable, faites pas chier, les deux se disent!) le champagne
Une dernière photo de votre humble serviteur avec Maïon présentant leur nouveau disque qui vient de sortir. C'est pas cher (10 euros) et ça peut rapporter de gros moments de plaisir. A consommer sans modération! (On se croirait chez Ardisson ici)

Yael Naim: belle âme dans le fond

OK, elle a percé grâce aux Dix Commandements, ce qui est aussi glorieux pour une chanteuse qu'un journaliste qui fait ses premiers faits d'armes à France Soir. Mais bon, quand ce n'est pas la télé-réalité, les comédies musicales sont aujourd'hui devenues un passage presqu'obligé pour réussir dans le petit milieu de la musique qui traverse la crise. Bref, Yael Naim a trouvé sa voie et sa voix, c'est bien là l'essentiel.
A Carhaix, elle a fait montre de son immense talent. Des chants de tendresse se sont abattus sur les champs de Kerampuilh. L'interprète du tubesque New Soul en a soufflé plus d'un avec ce vent de douceur.
Commençons par le commencement. Yael est née à Paris le 6 février 1978, soit un jour avant mon frère aîné Philippe (ça vous fait une belle jambe, hein?). Pour votre culture générale, sachez aussi que c'était un gros mois avant le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz au large de Portsall près de Brest (eh oui, il y a eu une vie, et la mort de milliers d'oiseaux, avant l'Erika!)
Alors qu'elle est âgée de quatre ans, ses parents, juifs d'origine tunisienne s'installent en Israël à Ramat Ha-Sharon où elle passe son enfance. En hébreu, Yael Naim se dit יעל נעים (ça vous fait une belle deuxième jambe, hein?)
David Donatien n'est pas que le batteur de sa dame. C'est de leur collaboration qu'est né l'album Yael Naim, un beau bébé qu'ils ont semble-t-il mûri dans une chambre (à coucher des mots et des notes sur le papier)
Continuons notre brève présentation des musicos avec Synthé-Man
Dernière bête (de scène) derrière la belle: le bassiste
Yael Naim est aussi douée au piano qu'à la guitare
"T'as de belles mains, tu sais..."
Le public est envoûté (mot galvaudé dans la presse de nos jours, mais là c'est vrai, et toc!)
Les âmes s'élèvent, les bras itou
Yael à son tour lève sa main pour saluer son public
Nous la retrouvons un peu plus tard en conférence de presse avec David Donatien ("c'est bon, tu peux pas la laisser tranquille cinq minutes, on va pas te la bouffer"). En plus, elle lui rend hommage, beurk: "On a bossé deux ans et demi pour préparer ce projet. On a trouvé une alchimie musicale que je n'avais pas connue auparavant. On a voulu peaufiner les détails pour être contents de nous à 100%. Au début, comme on chantait des balades en Hébreux, on ne pensait même pas que ça sortirait en France, qu'au mieux ça aurait une existence en Israël."
Elle est aussi revenue sur son passage aux Dix Commandements: "Pour moi, ce n'était pas du tout mon chemin, mais c'était l'occasion de faire des rencontres musicales. Cet album, c'est le premier où j'ai pu exprimer vraiment ma couleur. Le premier album qui a été un échec, c'était très dur: des années de travail qui s'écroulent. On n'avait pas de tubes. Ca a été une grosse désillusion. En plus, j'étais seule dans une grosse ville inconnue: Paris."
"Ce qui m'inspire, c'est ce qui me touche dans la vie, quand j'ai un sentiment"

A un moment, elle a, en plein milieu d'une chanson, demandé aux techniciens de faire un changement pour améliorer le son, ce sur quoi je l'interroge: "Il y a toujours une seconde d'hésitation, mais j'ai préféré régler tout de suite le problème." Limpide comme de l'eau de roche, ou non, encore mieux, limpide comme sa voix

Raz de Maé sur Carhaix

Petite précision pour rendre à César, et à l'Empereur de la PQR française, ce qui lui appartient. Ce titre, je l'ai piqué à Ouest-France. Eh bien, considérant que les lecteurs de ce blog ne lisent peut-être pas Ouest-France et Le Télégramme tous les jours, je me permets d'emprunter les meilleurs titres que je trouve, sachant qu'ils sont en général dans Le Télégramme. A vrai dire, cela constituera le seul et unique emprunt que je ferai à Ouest-France pour cette édition 2008.
Cette précision faite, parlons un peu du play-boy de ces dames, ou plutôt de celui de ces midinettes énamourées. Christophe Maé, de son vrai nom Christophe Martichon (ça fait tout de suite moins glamour), a justifié son rang avec un talent certain. Il a enchaîné les tubes comme la télé privée devrait bientôt enchaîner les pubs. Derrière ce chanteur à succès se cache une belle histoire humaine, avec la dose de tragique qui le rend attachant. Sportif de haut niveau, il est atteint à 16 ans d'une maladie grave, la polyarthrite chronique, qui brise son rêve, être skieur professionnel. Il se passionne pour Steevie Wonder et Bob Marley, qu'il définit comme son père spirituel. Cool, Christophe, zen. Il a vraiment bon goût puisqu'il aime bien également Ben Harper et Tracy Chapman.
Malgré ses compétences, il connaît la galère habituelle des jeunes musiciens, se produisant dans les bals, les galas et les bars, ainsi qu'en faisant la manche dans la rue, puis en première partie d'artistes comme Seal ou Jonatan Cerrada. Il collabore avec Zazie, qui signe son premier album. Mais il n'aura pas le temps de sortir dans les bacs, son producteur meurt dans un accident de moto. Il doit mettre un terme à ce projet qui lui tenait tant a cœur. La poisse.
La suite de l'histoire est plus connue. Au cours d'un spectacle, Dove Attia le repère et lui recommande le casting du Roi Soleil, une nouvelle comédie musicale. Il est reçu pour interpréter le rôle de Monsieur, frère du Roi. Il effectue alors une longue tournée. La spirale du succès ne s'arrêtera plus.
Son premier album, intitulé "Mon paradis", sort en mars 2007. Une collection de tubes (On s'attache, Parce qu'on sait jamais, Ca fait mal...) qui fait le bonheur de plein de radios. L'album devient disque de diamant, ce qui signifie qu'il en a écoulés plus de 750000. Tout ça pour finir sur la scène des Vieilles Charrues, avec 50000 personnes qui reprennent en choeur ses chansons et un paquet d'adolescentes qui frôlent la crise cardiaque. Elle n'est pas belle, mon histoire, pardon, son histoire...
Pas facile d'être Christophe Maé de nos jours. Il est arrivé sur scène tout encapuchonné. Peut-être espérait-il qu'on ne le reconnaisse pas... C'est raté! Ovation
Il a suffi qu'il ouvre la bouche pour avoir une bronca
Un engouement juvénile qui peut rappeler celui de¨Patriiiiiiiiiiiiick Bruel à son apogée
Les nenfants attendaient ça impatiemment
Comme Christophe a dit au moment d'introduire ses musiciens au début de son concert, "quand on passe la soirée avec une fille, on aime bien savoir qui c'est, alors je vais vous présenter les musiciens avec qui vous allez passer ce début de soirée". Je n'ai pas retenu les noms, mais les voici en photos




Les présentations faites, retour sur la star de la soirée, Christophe Maé. Aujourd'hui âgé de 33 ans, il n'a appris la guitare qu'à 17 ans, mais il s'était déjà mis au violon (à 6 ans) et à la batterie (à 12 ans) auparavant
En juin, il s'est joint à l'appel de 52 artistes contre le téléchargement sur Internet. Bon OK, avec son disque de diamant, on ne peut pas dire qu'il soit directement menacé, mais faut penser aux p'tits jeunes qui débutent, aussi
Oui, Christophe, une question? Une illumination, peut-être
Christophe Maé a remporté le prix de la révélation du public aux Victoires de la musique, mais pour le reste, le Breton Renan Luce lui a fait la nique (et c'est tant mieux! D'ailleurs, petit message aux organisateurs: à quand Renan aux Vieilles Charrues? Il serait p'têt temps!)
Ah, j'oubliais dans les présentations sa choriste-danseuse. Erreur réparée
Petite précision pour les filles qui seraient en train de tomber amoureux de lui: son coeur est pris par Nadège. Ils ont même eu un petit Jules ensemble
"Bon alors, je l'enlève, cette capuche, ou pas?"
Même Bob l'Eponge kiffe grave
Dernière chanson avant que l'on ne doive quitter la fosse, et micro-événement à Carhaix: Christophe Maé a enlevé sa capuche... A nous de mitrailler maintenant
Festivaliers en culottes courtes
Chanteur en transe
Kenavo Christophe, à bientôt!

ZZ Top: encore merci d'être velus


Ca, c'est le titre ultime. Celui qui restera dans ma tête jusqu'à la fin de mes jours quand on me parlera de ZZ Top. Passé dans le Télégramme, est-il besoin de le préciser. Chapeau l'artiste qui a trouvé ça!
A part ça, merci aux ZZ Top d'être venus! Ils ont été énoooooooooormes de bout en bout, faisant claquer leurs guitares électriques et leur batterie orgasmique, reprenant leurs vieux tubes qui n'ont pas pris une ride. Malgré leur âge avancé, les Texans ont gardé la patate. Pas de doute en les écoutant: le vieux est l'avenir de l'homme.
Commençons ce compte-rendu photographique par un hommage appuyé à ce fan qui a passé la journée collé aux barrières pour être le mieux placé possible pour son groupe fétiche. Il a notamment dû endurer, avec le sourire qui plus est, les cris des fans de Christophe Maé
Pas touche! En 1984, Gillette leur a proposé 1 million de dollars s'ils acceptaient de raser leur barbe pour une publicité... Ils ont dit non
Billy Gibbons est surnommé le Révérend Willie G. Respect! Tant qu'il ne tire pas sa révérence...
Malgré son nom de famille, le batteur Franck Beard est le seul à ne pas porter la barbe
Petit copier-coller de chez Wiki (quand c'est bien, pourquoi se priver?): L'origine légendaire de leur nom reste obscure. Certains disent qu'il s'agit du nom de papier à cigarette utilisé à l'époque par les membres du groupe. Pour d'autres le groupe a pris ce nom comme un pari, il s'agissait pour eux que leurs albums soient toujours les derniers dans les bacs à disques (vinyls, à l'époque) chez tous les disquaires. En effet, le classement dans ces bacs était alphabétique. L'explication vient de Billy Gibbons, expliqué dans leur livre Rock + Roll gearhead: il est dérivé du nom du maître du blues B.B. King. Ils voulaient s'appeler eux-mêmes ZZ King mais cela ressemblait encore trop à l'original. Ils ont pensé que ce "King" était au "Top" et ont donc adopté ZZ Top.
Après Billy the Kid, Billy the King. Le roi de la gratte, bien sûr
Les Texans ont le sens de l'humour. Interrogés sur scène, entre deux chansons et en Français dans le texte, Billy a expliqué qu'ils n'étaient pas venus du Texas en avion, mais en Twingo
Parole d'experts. Billy Gibbons est unanimement reconnu par ses pairs comme l'un des meilleurs guitaristes du monde
Et pas de doute, les deux font la paire d'experts. En espérant qu'ils ne deviennent jamais l'ex-paire d'experts
Avec les ZZ Top, c'est Noël avant l'heure. Ils sont descendus du ciel, avec leurs chansons pas rouillées

Gogol Bordello et le bordel fut!

Attention, dynamite! Gogol Bordello porte bien son nom. Le groupe a été formé en 1999 dans la Big Apple, mais la plupart de ses membres sont des immigrés d'Europe de l'Est. Nés de la rencontre de la musique tzigane traditionnelle des Balkans et de l'est de l'Europe avec le punk new-yorkais, leurs sons font des Gogol Bordello les créateurs et les chefs de file d'une nouvelle mouvance: le Gypsy punk. Et le Gypsy punk, c'est vachement remuant. Ca dépote même. Pas une seconde de répit. Une belle occasion pour slamer dans tous les sens. Alors j'en ai bien profité, mordant parfois la poussière ou m'envolant au septième ciel. Cette élévation d'esprit était une occasion rêvée pour philosopher un peu: pourquoi la vie n'est-elle pas qu'un slam qui durerait 100 ans? En tout cas, je ne connaissais pas le Gypsy punk, mais j'ai appris à aimer.
Le chanteur Eugene Hütz a le sens de la scène
L'accordéon, instrument indispensable quand on parle de musique venue de l'Est
Une photo c'est statique. Gogol c'est hyper-dynamique. Ne vous fiez donc pas aux apparences
José Bové peut aller se coucher
Des projos, quelques musicos, et un joyeux Bordello!
Un violon haut perché
Un look assez unique en son genre
"Regardez le bogosse sur la photo juste au-dessus"
"Toi public, je t'aimeuhhhhhhhhh"
En plus, il a le rythme dans la peau

Calvin Harris: le dernier roi d'Ecosse fait de l'électro

Il n'a peut-être pas inventé la disco (du nom de son premier album I created disco), mais il assure grave, l'Ecossais! C'est un rejeton du Web, puisque c'est sa page myspace qui l'a fait connaître. Alors, je pose ouvertement la question: comment se fait-il qu'avec un blog d'une telle qualité, je ne sois pas encore invité à me produire sur la scène des Vieilles Charrues? Passons.
Et puis, faut l'avouer, je ferais pale figure sur scène après le passage du dernier roi d'Ecosse. Calvin a réussi à faire danser les festivaliers du vendredi jusqu'au bout. C'était le seul représentant de l'électro sur la grande scène cette année. Il a parfaitement rempli sa mission. Merci Calvin et vive le SNP (parti indépendantiste écossais, de gauche)!
Il y avait les fans jusqu'aux bouts des ongles. Voici le modèle jusqu'à la paume des mains
Calvin Harris aussi sait se servir de ses mains
Calvin au micro pour un maxi-plaisir
Oyez oyez braves gens... Ecoutez-moi ce son!
Tiens tiens, serait-ce un hommage à Ben Harper?
Calvin est écossais, mais il a une tête d'Anglais. Y a un blème quelque part
La nouvelle égérie de la scène électro a remisé Daft Punk aux vestiaires (enfin, ptêt pas quand même, ça serait sympa de les faire venir une année)
Son bassiste est pour le moins expressif
Calvin apparut, et le soleil fut

Wednesday, July 23, 2008

Yelle est belle

Soit une petite Briochine, belle à croquer et provocante à souhait. Soit un public de début d'après-midi, un peu long à la détente et encore embué de sa première soirée. Voilà à peu près l'équation à deux inconnues du concert de Yelle qui débutait l'après-midi du samedi. La solution? Oubliez le public, faire comme s'il n'existait pas et comme si on était en tête à tête avec la chanteuse. Et croyez-moi, ça marche du tonnerre. Surtout quand elle chante "Je veux te voir dans un film pornographique". Un vrai bon moment en tout cas. Si Yelle n'existait pas, il faudrait l'inventer. Et puis, avant la conférence de presse, mon voeu s'est presque exaucé. OK, le tête à tête s'est transformé en photo à 4, un musicien et Yann se croyant obligé de se taper l'incruste. Briseurs de rêve.
Yelle avait revêtu un joli tailleur pour l'occasion
Son batteur serait-il son premier fan
Non non, Yelle n'a pas dansé la tecktonik même si elle a fait le succès de ses clips sur cette danse à la mode (surtout au Métropolis à Paris et dans les cours de récréation)
Lentement, les aides déployées, lentement, je la vis tournoyer (pourtant, dans le rôle de l'aigle noir de cette cuvée 2008 de Carhaix, j'aurais plutôt vu Brisa Rocher)
Les cheveux dans le vent, parce qu'elle le vaut bien
Elle me fait un clin d'oeil des deux yeux
Ca c'est quand elle chante "je veux te voir dans un film pornographique"... Mais pourquoi me montre-t-elle du doigt?
Allez j'arrête le délire, revenons à un peu d'informatif. Yelle, c'est l'acronyme féminisé de "You enjoy life". C'est vrai qu'elle respire la joie de vivre
Elle est née 4 mois après moi, en janvier 83, à Saint-Brieuc
Quand elle crie fort, cela peut atteindre le volume sonore d'une vache beuglant le plus fort possible (soit 180 décibels)... Information à confirmer car elle ne vient pas de Wikipédia
"Et tu tapes, tapes, tapes, c'est ta façon d'aimer. Ce rythme qui t'entraîne, jusqu'au bout de l'après-midi, réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie"
Une pause La Redoute pour cette fille qui n'a peur de rien
C'est reparti pour une séance intensive de tapage de mains
Deuxième pause La Redoute: Yelle aurait-elle raté une carrière de mannequin?
Tant mieux pour nous: c'est sur scène qu'on veut la voir, pas sur les podiums

Camille: Sciences Po mène à tout, à condition d'en sortir

Changement d'univers. Après l'électro pop-glam déjantée (désolé, j'adore cette expression même si ça ne veut pas dire grand-chose) de Yelle, la musique tendre quasi-mystique de Camille.
Je ne vous raconterai pas son concert. Je l'ai en grande partie loupé car je devais écrire mon interview d'Emmanuel Braconnier pour Nord-Eclair. Alors, parlons un peu de sa vie, sa vraie. Camille Dalmais est née le 10 mars 1978, soit six jours avant le naufrage de l'Amoco Cadiz.
Fille d'une mère enseignante et d'un père musicien, elle entre en hypokhâgne au lycée Henri-IV de Paris. Elle est ensuite admise à l'Institut d'études politiques de Paris, où elle consacre son stage à la production de son premier opus, Le Sac des filles, en 2002. Malgré un accueil mitigé de la critique, quelques titres intègrent la play-list de France Inter. Essai réussi.
C'est son album Le Fil, sorti en 2005, qui la propulse sur le devant de la scène. Etonnant, construit sur une seule note (un "si"), il lui permet de trouver sa voie et de mettre en valeur sa jolie voix. Le single Ta Douleur fait mal. Le prix Constantin et deux Victoires de la musique viennent saluer la performance. Son troisième album studio, en anglais, Music Hole, est sorti le 7 avril 2008. Pour la petite histoire, elle a aussi fait la voix française du personnage de Colette dans Ratatouille.
Quand Camille crie, Carhaix se tait
Rien à redire sur le set musical, mais une question se pose concernant la tenue de Camille: la belle soutiendrait-elle le MoDem?
Camille joue à cache-cache. Pas évident quand 50000 personnes ont les yeux rivés sur vous

Duffy la bien Aimee

Elle est née à Bangor. Non non, rien à voir avec la Thaïlande, il faudrait un "h" en plus. Rien à voir non plus avec le plus grand dépôt d'armes nucléaires dans le monde qui se trouve à Bangor, aux States, dans l'Etat de Washington. Rien à voir enfin avec Belle-Île-en-Mer dans le Morbihan, même s'il y a bel et bien une des quatre communes qui s'y trouvent qui s'appellent Bangor. Le Bangor de Duffy se trouve au nord du Pays-de-Galles, en face de l'île de Môn. Y vivent 20000 habitants. Et c'est donc dans cette cité galloise que naquit en juin 1984 Aimee Anne Duffy.
A 6 ans, elle se mit à chanter. Elle s'est fait éjecter de la chorale de son école parce que sa voix était "too big". La légende veut que c'est la vidéo de son père passant à l'émission de télé musicale Ready Steady Go! dans les années 60 qui donna envie à Duffy de suivre ses pas.
L'élève a dépassé le maître désormais, puisque Duffy passe sur les écrans du monde entier, notamment avec son tube Mercy issu de son album Rockferry. Avec plus d'un million d'exemplaires écoulés depuis le début de l'année, c'est l'album qui s'est le plus vendu au Royaume-Uni en 2008. Elle est la plus connue des "new Amys", en référence à la star camée Amy Winehouse. Consécration ultime outre-Manche, Duffy a failli être retenue pour chanter la BO du prochain James Bond, avant de se faire coiffer au poteau par Alicia Keys. Ce n'est pas grave, Aimee, t'as fait les Vieilles Charrues, et ça aussi, c'est une consécration au pays du fromage qui pue.

Etienne Daho: la diva tranquille

Attention, je prends un risque incommensurable en publiant ces photos d'Etienne Daho sur mon blog. En effet, utilisant son droit à l'image, il a refusé que les photographes fassent leur boulot. Sa proposition? Que son photographe officielle fournisse les photos aux journaux qui souhaiteraient en passer. Bien sûr, elle a été unanimement refusée et Le Télégramme ne s'est pas privé pour le traiter de diva dans son édition du lendemain, tout en ajoutant finement que cela n'enlevait rien à son talent. Il semblerait donc qu'Etienne Daho ne veuille pas faire son âge et cherche à cacher ses rides de quinquagénaire. Sans foi ni loi, je vous livre donc deux photos de mon cru. Tu vois, Etienne, ce n'est pas si terrible que ça de laisser les journalistes bosser!
A part ça, son concert était tranquille. Un bon petit moment sous le soleil. A titre personnel, c'est sa reprise d'Edith Piaf, Mon manège à moi, qui m'a fait tourner la tête.
PS: Si tu portes plaintes, je retire ces photos, alors n'oublie pas de faire une capture d'écran pour la montrer au tribunal (PS2: Je vous admire vraiment beaucoup, Monsieur ou Madame le juge))

The Go! Team y va franco

Elle s'appelle Nkechi Ka Egenamba... Oui, c'est ça, Nkechi Ka Egenamba... Comment ça, vous avez du mal à lire son nom Nkechi Ka Egenamba? C'est pourtant simple: Nkechi Ka Egenamba! Nkechi, c'est un diminutif pour Nkechinyere, qui veut dire "cadeau de Dieu" en igbo, une langue parlée au Nigeria par environ dix-huit millions d'Ibo, principalement dans le sud-est du pays, région indépendante de 1967 à 1970 sous le nom de Biafra (ah! on voyage sur ce blog)...
Bon allez, j'arrête le supplice de l'article le plus dur à lire de ce blog. Et puis, de toute façon, vous n'avez qu'à l'appeler Ninja, c'est son nom de scène. Et sur scène, ça dépote bien, The Go! Team. De l'Indie rock bien ficelé qui fait voir des vaches sacrées et des éléphants quand on ferme les yeux. Bon OK, quand on les rouvre, on se rend compte que c'est le gros du devant qui vous a marché sur les pieds, mais bon, c'est quand même vachement dépaysant.

Oh my Gad!

Un nouveau merci au Télégramme pour ce titre très inspiré... Gad Elmaleh aussi a été très inspiré pour son passage fort attendu sur la grande scène des Vieilles Charrues. Un comique dans un festival rock? Les organisateurs avaient initié ce concept pas con du tout lors de l'édition 2006, avec la venue de Jamel Debbouze, qui s'était rebaptisé Debbouzec sur ces terres bretonnes. Un triomphe! Gad "Elmalec" a suivi le sillon de Jamel avec tout autant de réussite.
Il avait prévu d'adapter sa prestation au contexte en concentrant la substance musicale de son spectacle, avec plusieurs chansons, notamment parodiques. Pari tenu et gagné! Avec surtout, une belle dose d'improvisation, sur Bob l'éponge! Tout est parti quand un groupe de festivaliers s'est mis à scander "Libérez Bob l'éponge!" Une bonne vieille habitude pour demander aux heureux possesseurs de ces figurines gonflables de s'en délester pour qu'ils puissent s'envoler dans les cieux. Gad Elmaleh, qui découvrait ce phénomène étrange, n'en est pas revenu. Il a fait monter une festivalière pour qu'elle lui explique le concept (bon, d'accord, celui-là est un peu con, mais c'est tellement marrant). Et puis, il a même improvisé une chanson là-dessus, parlant poétiquement de Bob l'éponge, "petit bonhomme gonflé à l'hélium". Enorme! Il a aussi terminé son spectacle en rendant lui-même la liberté à un Bob l'éponge. Chapeau l'artiste!
Quand Gad Elmaleh est en conférence de presse...
... les journalistes se pressent pour l'écouter
Bilan de la conférence: Gad est drôle en toutes circonstances
Gad et ses mimiques uniques
Gad a pris des positions assez tranchées, voire carrées
Gad a conquis la gente féminine
Bon OK, ce n'est pas sa pose la plus avantageuse
Celle-là par contre, je vais peut-être la vendre à La Redoute
Gad affolé devant une libération de Bob l'éponge: "Mais qu'est-ce qui vous prend?"
Ils sont fous, ces Bretons

Zebramix: rencontre d'étoiles

La guerre des étoiles n'aura pas lieu... On y a cru, pourtant, en entendant quelques festivaliers chanter l'hymne planétairement connu de Star Wars, avant le Zebramix.
videoDJ Zebra est alors arrivé avec un bagad et a repris cette chanson qui fait se hérisser les poils et se dresser les sabres laser. Et puis, plus rien! Enfin si, correction: il y a bien eu des étoiles sur scène, mais au lieu de se faire la guerre, elles ont joué, chanté et vibré ensemble pour un set explosif. Seul aux platines, DJ Zebra avait transformé Kerampuil en gigantesque dancefloor l'été dernier aux Vieilles Charrues. Cette fois-ci, l'animateur du samedi soir sur Virgin Radio n'est pas venu seul: il a invité le rappeur Oxmo Puccino, le chanteur Florent Marchet, le Suisse Polar, ainsi que l'ex-membre des Négresses Vertes, Stef Mellino. Du beau monde sur la corde à linge. Bon, le mélange n'était pas toujours parfaitement huilé, mais ça donnait quand même un bel ensemble, aux styles variés, à l'image des Vieilles Charrues. Un bagad sur la scène des Vieilles Charrues pour jouer la musique de Star Wars? Belle initiative de DJ Zebra Un tio gamin devant des milliers de personnes. Y en a qui vont pouvoir frimer à la rentrée! DJ Zebra en chef d'orchestre Florent Marchet était déjà venu en 2005 sur cette même scène des Vieilles Charrues. Cette fois-ci, il a interprété une version disco de sa chansonnette Je n'ai pensé qu'à moi. Honnêtement, l'original est beaucoup mieux à mon avis Autre invité de poids: le rappeur Oxmo Puccino Mais qui tient cette trompette qui sonne sur nos têtes? DJ Zebra, c'est show bouillant

Matmatah: dernière, la classe

Ils sont chez eux aux Vieilles Charrues. Ils en ont même fait une chanson. Dommage qu'ils ne l'aient pas jouée d'ailleurs. Tout comme L'apologie, réclamée par le public. En vain. "On va directement passer aux drogues dures", a répondu le chanteur Tristan Nihouarn pour introduire Heroin. On sait les embrouilles que le groupe a connues avec ces paroles, sensées pousser à la consommation d'un produit illicite. Sauf que le groupe avait, me semble-t-il, trouvé la parade en jouant la musique et en laissant le public chanter les paroles, ce qui donnait une puissance au morceau.
Voilà pour les critiques! Passons aux points positifs... Matmatah a quand même joué plusieurs de ses chansons cultes qui leur survivront pendant longtemps, de Lambé an dro à La cerise en passant par Emma et Au conditionnel. Ils ont aussi fait du bon rock comme ils aiment. C'était parfois un peu longuet, mais globalement, ça dépotait bien. Du bon tonnerre de Brest!
Et puis, il y eut ce lancer géant de confettis à la fin. Ils s'en sont allés, sur l'air de Joe Dassin "On s'est aimé comme on se quitte". Emouvant. Salut les gars, bon vent!
Tristan au micro en conf de presse
Quatre garçons plein d'avenir, du moins je l'espère
Matmatah, bande à part
"Dis-moi, tu veux pas faire un nouveau groupe avec moi?"

Gossip

Toute critique est éminemment subjective. J'éviterai donc de comparer cette chanteuse à un suppositoire, comme un collègue un brin vachard l'a fait dans mon journal à propos de James Blunt, et je me contenterai de dire, qu'hormis la dernière chanson (celle qu'on entend à la radio, comme par hasard... je dois être trop FM-isé), je n'ai pas accroché.
Fin mai 2007, Beth Ditto a posé nue à la une du magazine musical hebdomadaire anglais NME, les aisselles velues et la fesse flanquée d'une trace de rouge à lèvres et entourée du slogan "Kiss My Ass". Des regrets d'avoir loupé ça?
La chanteuse, icône "king size", mène bataille contre la dictature de la maigreur

Tuesday, July 22, 2008

Thomac Dutronc: le plus manouche des Gavroche

Aux Vieilles Charrues, j'ai vu Thomas Dutronc pour la deuxième fois en quelques mois, après le festival des Paradis artificiels à Lille. Voici donc ce que j'écrivais à l'époque (je commence à me citer moi-même, l'explosion de cheville n'est plus très loin, me direz-vous... eh bien non, voyez plutôt ça comme du recyclage d'article... tout de suite, ça devient presque un geste écologique!)
En première partie de Pauline Croze hier soir à la salle Vauban, Thomas Dutronc a fait mouche en distillant son jazz manouche.
Françoise Hardy et Jacques Dutronc peuvent être fiers de leur progéniture. Et leur fils Thomas peut se targuer de ne pas être un fils de. Ce titi parisien de 34 ans s'est taillé sa propre route, sur la voie du jazz manouche. À tel point qu'il passe plus pour le fils spirituel de Django Reinhardt.
C'est d'ailleurs par deux "petits Django" qu'il attaque son set joué hier soir devant 1000 personnes. Hommage toujours: il projette la trombine de la référence ultime du jazz manouche sur un écran géant. Pas de pompeux effets spéciaux, mais plutôt d'astucieuses trouvailles bricolées. Ses quatre musiciens restent à côté de Thomas Dutronc pour recréer l'ambiance intimiste des clubs de jazz.
Comme un manouche sans guitare: Thomas Dutronc attaque ses compositions par la chanson qui a donné le nom à son premier album, sorti fin octobre. Il s'attaque ensuite au grand capitalisme financier avec Nasdaq. Plus tard, il remet en cause Nicolas Sarkozy sur la question du pouvoir d'achat et se moque gentiment des plus célèbres Carla et Rachida de France dans son slam intitulé "Les frites bordel". Mais la politique n'est pas son fond de commerce. Naviguant entre amour et humour, il alterne entre balades avec sa voix de crooner (Solitaires) et morceaux plus rock (Jeune, je ne savais rien). Son tube "J'aime plus Paris" donne l'occasion au public d'applaudir en cadence tandis qu'il est carrément ovationné quand il lance "j'suis plus du PSG".
"Vive la tarte au maroilles! Vive Pierre qui est Ch'ti! Vive Carquefou!", s'exclame-t-il en fin de concert. Et son violoniste ch'ti a aussi son quart d'heure de gloire sur une dernière accélération exceptionnelle. Les notes s'envolent, comme une partie du public pendant le concert de Pauline Croze qui suit.

Vanessa Paradis: une ange passe

Belle, c'est un mot qu'on dirait inventé pour elle. Ce n'est pas Johnny Depp qui dira le contraire. Le célèbre acteur américain et père de leurs deux enfants était présent en coulisses pour encourager sa belle... C'était, si ma mémoire de terrien ne flanche pas, son deuxième passage aux Vieilles Charrues. Sur la grande scène cette fois. Avec M comme guitariste de luxe. Et des tubes à la pelle. Délicieux moment de grâce et de douceur pour emmener les festivaliers vers la nuit, la dernière mais pas la moindre (last but not least, pour ceux qui parlent anglais, c'est plus in). A part ça, Joe le taxi se porte toujours comme un charme, merci pour lui. Vanessa, elle, ksoksote toujours autant dans "Dès que je te vois": esssskkkkkksssssi on l'avait fait... A noter aussi sa belle (décidément, ce mot revient souvent dans ce message) reprise d'Emmenez-moi de Charles Aznavour. Oui oui, on a été au pays des merveilles avec Vanessa. Un tout petit regret: elle n'a pas fait de reprise de Mistral gagnant, une chanson pourtant BELLE à en chialer!
video
video
video
video
La miss sait s'entourer. Pour son dernier album, Divinidylle, il y a des titres écrits par Brigitte Fontaine, Franck Monnet et Thomas Fersen... ... mais c'est aussi et surtout M qui a coproduit et coréalisé l'album. Le petit génie de la musique était d'ailleurs à ses côtés, comme guitariste, tout au long de sa tournée "Trop dur d'être une icône!" La belle a bon coeur. De 1993 à 1999, Vanessa Paradis a participé à tous les spectacles annuels des Enfoirés au profit des Restos du Cœur Divine surprise: j'ai retrouvé par hasard, pour ce concert de Vanessa Paradis, une bande de joyeux Carhaisiens avec qui j'avais partagé, déjà avec grand plaisir, le concert de Yannick Noah en 2007 Attention, cette photo, révélant une face cachée du concert de Vanessa Paradis, pourrait choquer les âmes sensibles...

The Hives: un tsunami suédois

La Suède, terre de glace? Que nenni! Terre de feu... Et je ne parle même pas des bombasses blondes en chaleur qui font saliver les touristes. Non, je veux parler des Hives, groupe phare de cette dernière journée des Vieilles Charrues 2008. Du rock garage d'une intensité sismique. Un tsunami de décibels qui a déferlé sur nos oreilles. Premier constat quand ils montent sur scène: ils ont la classe, les djeuns diraient "la bogosse attitude"! Dernier constat quand ils descendent de scène: waouh! Quelle puissance! "C'est déjà fini? Mais ça vient à peine de commencer!" Non pas qu'ils n'aient pas joué longtemps, mais c'est d'une telle intensité non-stop que ça passe vite, trop vite. Tick Tick Boom, titre de leur dernier single issu du Black and white album, résume bien le concert. La tenue, costard de rigueur, est impeccable. La mise en scène est léchée, comme lorsqu'ils s'arrêtent tous de bouger au même moment pendant une grosse minute en plein milieu d'une chanson. Pas de doute, The Hives a l'étoffe pour devenir your new favourite band, du nom de leur album sorti en 2001.

Morcheeba: une voix coupe faim

Fin. Le pire moment des Vieilles Charrues. L'envie d'en profiter jusqu'au bout, de jeter ses dernières forces dans la bataille, d'étancher sa soif musicale. Morcheeba avait le redoutable honneur de nous faire passer ce douloureux moment en douceur cette année. Et les Britanniques se sont parfaitement acquittés de leur tâche. Du trip-hop pour une dernière invitation au voyage étoilé. Un antidote contre la morosité. Et le sentiment que cette édition 2008 était vraiment un grand cru, qui l'eût cru? Merci à la fée chantante Jody de nous avoir bercé une dernière fois. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

Thursday, July 17, 2008

Viva Espana!

Non, ce n'est pas parce qu'ils sont champions du monde de basket et champions d'Europe de foot. Non, ce n'est pas non plus parce que leur dirigeant actuel, Zapatero, est incommensurablement meilleur que notre nabot de président. Non, ce n'est pas pour sécher ni la sortie de l'album de Carla Bruni et le battage médiatique qui l'a entouré, ni le défilé du 14 juillet, ni le Tour de France des dopés. Si je suis allé en Espagne une semaine, du 10 au 16 juillet, c'est pour le mariage de mon pote Dudule, connu sur les bancs de l'IEP de Rennes. Six jours de balades diurnes et de fiestas nocturnes. Ca faisait une paye que je n'avais pas eu de vacances estivales (OK, les vacances festivals, ce n'est pas mal non plus), alors j'en ai profité à fond, à fond, à fond. Retour en images sur une semaine riche en émotions, en découvertes et en joies.
Snif! Mon voyage commence par 2 heures en avion. Mon empreinte écologique va en prendre un coup
Je n'étais monté qu'une seule fois dans un avion auparavant et c'était pour sauter en parachute. Ainsi, j'avais déjà décollé, mais jamais atterri
C'est la compagnie low-coast qui m'a conduit en Espagne. Le plus, c'est qu'au moins, ils rentabilisent un maximum le kérozène brûlé puisqu'on est serré comme des sardines. Le moins, c'est que ces compagnies, avec leurs tarifs extrêmement bas, sont responsables de la démocratisation de l'avion et donc de la dégradation de la planète
A bord, j'ai lu le dernier numéro de La Décroissance pour alléger ma conscience
Le pire, c'est que j'ai bien aimé voyager en avion
J'ai aussi profité de mon voyage pour écrire une carte aux heureux futurs mariés de dans deux jours
Terre en vue!
Parti de Charleroi à côté de Bruxelles, j'ai atterri à Valladolid près de Madrid. J'avais voyagé en costume de mariage pour ne pas le froisser. Inutile de préciser qu'à l'arrivée, j'avais chaud
Bienvenue en Castille et Leon! Ca change de "bienvenue chez les Ch'tis"
De sympathiques Belges qui avaient voyagé avec moi m'ont expliqué qu'un car Alsa (l'équivalent espagnol d'Eurolines) pouvait directement me conduire à Leon. Eux allaient plus dans le Nord, dans les Asturies
J'étais sur la route de la terre des champs toute la sainte journée
Deux rivières coulent à Leon: Bernesga et Torío
Un playground à Leon: trop de la balle!
Leon fait la part belle aux espaces verts
Suivez le guide
(A lire sur l'air de Goldman) Je marche seul (padada-dadada)... dans les rues de Leon (padada-dadada)
Il a beau être environ 19h, le mercure frôle encore les 30°
La belle Leon dévoile ses atours aux touristes de passage (légende piquée au Guide du petit routard fûté)
L'architecture de style victorien assure la renommée touristique de la cité espagnole (on appelle ça du remplissage)
Ah ça c'est rigolo: aux passages piétons, l'on peut voir combien de temps il reste avant que le feu passe au vert. Comment ça, vous n'êtes pas bidonné?
Buvez du Breizh Cola, c'est meilleur, et faites attention: la police veille au grain
A gauche, ce joli bâtiment est l'oeuvre de Gaudi (architecte catalan à qui l'on doit notamment la Sagrada Familia), il abrite maintenant une banque. A droite, c'est la deputation, l'équivalent du Conseil général en France
Une jolie placette
L'artère piétonne centrale qui conduit à la cathédrale
La superbe cathédrale de Leon
En face de la cathédrale, il y a aussi de jolies demeures
Les flèches semblent vouloir crever le ciel comme celles d'Appolon crèvent le coeur des amoureux (une note de poésie dans un monde de brutes)
Leon, ville fortifiée
Les remparts rampent autour du coeur historique
Quelques portes permettent de s'enfoncer dans les ruelles pittoresques
La statue en haut de la porte, immortalisée grâce à mon nouvel appareil et son zoom optique 18x (payé 185 euros sur cdiscount)
Dudulos et Dudula au pénultième jour avant leur union, version yeux fermés d'Elba (un grand classique)
Et maintenant, la même, version yeux ouverts (plus rare)
Autour de la cathédrale
La cathédrale vue de derrière (eh oui, désolé, j'aurais bien fait la cathédrale vue du ciel, mais tout le monde n'a pas les moyens de Yann Arthus-Bertrand, et puis l'avion, ça pollue)
Autoportrait sans oreille cassée
Mûre pour l'échaffaudage
Depuis combien de temps regardent-ils la cathédrale?
Un néléphant qui trompe énormément de touristes
Avec mon pote Gaudi, pas très causant, cela dit
Il est bon, mon pote Gaudi, hein!
Tout est une question de perspective
Une petite chapelle toute jaune (au cas où vous ne l'auriez pas remarqué)
Quand Leon se prend pour Bruxelles (1): le Manneken Pis revisité
Quand Leon se prend pour Bruxelles (2): l'Atomium revisité
De l'art et du cochon
El Corte Inglés (recto), une bonne adresse, l'équivalent de Printemps en France, mais en mieux et moins cher
El Corte Inglés (verso)
Un haut-lieu de la barbarie humaine, autrement dit l'arène de Leon
Leon, cité tropicale aux palmiers luxuriants
Vous êtes nazi? N'allez pas à Leon (et quittez ce blog... ici aussi, vous êtes malvenu)
Un Jacky espagnol fier de poser devant sa voiture tuning
La fontaine est reine à Leon et ce n'est pas une fable
Au détour des ruelles escarpées du vieux Leon se découvrent d'antiques enseignes aguichantes (encore une légende piquée au Guide du petit routard fûté)
Légende A: une jolie placette qui ne manque pas de cachet. Légende B: la multinationale Carrefour va en conquistador en Espagne
C'est-y pas joli, tout ça
Les fannions sont de sortie, peut-être un vestige du titre de champion d'Europe de foot vaillamment conquis par les Espagnols en juin
Officiellement, c'est la plaza Major, un peu l'équivalent de nos grands-places nordistes. Mais comme j'avais mal compris, je l'ai rebaptisée Plaza Majorqua, ça fait plus rêver
Les arcades du pouvoir
Leon a connu trois hôtels de ville au cours de son histoire. Ici, donnant sur la Plaza Major, c'est l'un des deux anciens
Leon, ville d'artistes, et ça transpire même sur ses murs
Ces graffs me font trop penser à Ben Harper, je ne sais pas pourquoi
Visiblement, un poète français aussi est passé par là
100 mètres en contrebas de la Plaza Major, c'est un tout autre visage de Leon qui se découvre
La cité fantôme en pleine reconstruction
Mon graff préféré: "Oui aux taureaux! Non aux toreros!"
Et encore une tite place mimi tout plein
Une enseigne qui donne envie d'aller voir à l'intérieur
Pendant ce temps-là, ces deux-là n'ont pas bougé d'un iota
Une petite statue de la grande cathédrale
Et le cadran solaire pour donner l'heure
Dickens Tavern, non non on n'a pas quitté Leon pour London...
... mais avouez qu'ils ont de beaux arguments pour attirer le touriste de passage
Encore une jolie enseigne
Retouvailles sur le parvis
Nos guides du jour sont deux jeunes célibataires du nom d'Alexandre et Elba
La cathédrale de l'intérieur
Les pieds des futurs mariés (photo assez conceptuelle)
Les trois frères, LG corp
A Leon, on est d'abord fier d'être de Leon. La preuve à l'office de tourisme: sur ce poster était inscrit "Castilla y Leon", la région administrative. Quelqu'un a barré Castilla pour qu'il n'y ait plus que Leon.
Certains revendiquent même l'indépendance de Leon
Les édifices religieux ne manquent pas à Leon
Leon, passage obligé pour les marcheurs qui font le pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Alors, des empreintes sont disséminées aux quatre coins de la ville
L'entrée du Toro que je trouvais sympa. Je ne suis pas allé voir à l'intérieur si la déco était aussi kitsch
She's a barbie girl, in a barbie world (à lire sur l'aire de la cultissime chanson d'Aqua)
A la cathédrale de Leon, les mariages se suivent et ne se ressemblent pas
Amor amor, quand tu nous tiens
Le plus beau jour de leur vie restera immortalisé sur ce blog
C'est vrai que la cathédrale est un cadre idyllique pour se dire oui
Dani, un jeune Espagnol aux airs de fils caché de Manu Chao
Scène courante en Espagne: un pépé prend le soleil, assis sur un banc public
Le samedi à Leon, c'est jour de marché sur la Plaza Major
Ca vaut pas Wazemmes, mais c'est quand même sympa
L'occasion de rappeler que, selon les écolos responsables, il faut acheter bio, de saison et local, afin d'éviter les émissions de gaz à effet de serre liées au transport de marchandises
Dans les bars, je me suis mis à lire El Pais, l'équivalent du Monde, mais en mieux... Et miracle! Même si je n'ai jamais fait d'espagnol, je comprenais plutôt bien... Mais pourquoi j'ai fait huit ans d'allemand, moi? Je ne comprendrai rien à Die Deutsche Zeitung, je ne suis pas prêt d'aller passer mes vacances en Allemagne et, surtout, je n'aime pas Tokyo Hotel!
Il flotte un parfum d'amor dans l'air... Dans quelques instants, Dudule et Elba vont se marier (voir post par ailleurs)
Chacun cherche son mariage... A côté de la cathédrale, les costards sont de sortie
Marcin et Pauline font leurs touristes
Une tite puce en tenue de noce
La grande classe (tu l'as achetée où, ta cravate?)
Et deux mariés de plus, deux!
Papa Pascal et princesse Margaux
Début de la série "en verre et contre tout" (je vais essayer d'en faire une expo visible à Beaubourg): Karine choisit son menu
Les jeunes mariés n'ont pas perdu le sourire...
Troisième volet de notre série avec Dudule Junior...
Là, c'est moi pris par Margaux, 3 ans. Chapeau l'artiste!
Elba veut nous dire quelque chose
Après les pieds, les mains des néo-mariés
Franco n'a pas laissé beaucoup de regrets (sur d'autres graffs, des Montebourg espagnols demandent aussi une nouvelle République)
La Plaza Major by night
La cathédrale by night
Nous by night
Le lendemain matin, en route pour la grotte de Valpéquéro!
Une route tracée à travers la montagne qui offre aux touristes de passage des vues imprenables (oui, j'ai obtenu ma thèse du lyrisme en légende bidon avec mention honorable)
La montagne me gagne
Le soleil m'illumine
Les vaches m'émeuvent
Elles font meuh meuh (merci à Marcel et son orchestre qui m'a largement inspiré dans l'écriture de cette légende)
Elles broutent paisiblement
Il ne manque plus que les présidents américains sculptés dans la roche
Une mini-cascade pour un maxi-panorama
Ce sont Karine, Pascal et leur bout de chou Margaux qui m'ont amené visiter cette grotte
En route pour la cueva!
Attention, baisse de la température imminente!
Dans la grotte, on se croirait dans les 12 travaux d'Astérix
Les plafonds seraient-ils à refaire? Ils ont tendance à tomber en lambeaux
Un superbe décor 100% naturel
Pas de peinture rupestre ici
Les stalagtites (avec un t comme "tombent" contrairement aux stalagmites qui ont le m de "montent"... c'était la leçon du jour pour Margaux, 3 ans, fidèle lectrice de ce blog)
Même ici, il y a quand même quelques empreintes bien humaines, à commencer par les spots et le téléphone d'urgence, au cas où la grotte soit inondée
Le spectacle est grandiose
Karine, Margaux et quelques enfants de la colo qui a fait la visite guidée avec nous
A voir sans modération
Retour dehors, au chaud
Margaux a trouvé des jeux plutôt sympas
Elle a un complice pour la pousser dans cette entreprise
Il n'y va pas de main morte
El Pescador, une petite brasserie peu chère et bien sympa où on a trouvé refuge pour reprendre des forces
Sur la route du retour, on a encore droit à quelques paysages majestueux
Que la montagne est belle...
Au milieu coule une roivière...
On se sent petit, voire riquiqui
Ombre portée du ciel sur Terre
Retour à Leon où le mercure frôle les 30°. Mamma mia! Il fait trop chaud pour un Breton
A Astorga, le lion n'est pas mort ce soir
Astorga, jolie petite ville près de Leon, se trouve aussi sur les chemins de Compostelle
De la belle pierre, du bel ouvrage, de belles terrasses pour siroter un bon p'tit coup... Que demande le touriste?
Non non, on n'est pas à Eurodisney, c'est la vraie vie. Astorga, la ville, la vraie
Les Chrétiens ont vu grand ici
La cathédrale d'Astorga, vue d'en dessous
L'intérieur n'est pas mal non plus... Petit coup de gueule: faut payer pour entrer dedans
Saint Laurent, priez pour nous. Pour la petite histoire, on l'a roti comme un cochon... Et quand il a été cuit d'un côté, il a dit à ses bourreaux: "C'est bon, maintenant, vous pouvez cuire l'autre côté"
Un beau retable au fond de la cathédrale
Il n'y a pas que Julien qui est Doré (copyright LG Corp 2008)
Jésus-Christ est un hippie, chantait Johnny. La preuve à Astorga
En Espagne, on peut souvent se désaltérer avec de l'eau potable sur de petites fontaines publiques. Pas forcément très écologique, mais quand même sympathique
Le château-fort de la belle au Bois-Dormant serait-il à Astorga?
La fine équipée d'Astorga
Tout un symbole: le majestueux lion espagnol écrase le petit aigle qui représente Napoléon
Au museo del Jamon, sans doute un haut-lieu de la gastronomie à Astorga
Séquence nostalgie pour les nouveaux mariés...
... et séquence rêve de midinette pour la future mariée?
Le lendemain matin, en route pour les Asturies
On se croirait en Suisse...
... ou à San Francisco
Nous voilà à Gijon (prononcez Riron, en roulant vos "r" si vous y arrivez)
Soleil, mer et sable fin au programme
C'est vraiment le pied
Pas évident de trouver un coin de sable pour poser sa serviette
Elva joue à l'épouvantail, ou bien au pare-soleil?
Le pied, qu'on vous disait
J'ai essayé de montrer à de jeunes Espagnols qui tapaient dans la balle que les Français aussi, malgré leur grand âge, avaient de beaux restes... Photo d'équipe
Une ola pour dire au revoir à la plage
Gijon n'a pas qu'une belle plage...
Elle a aussi des constructions sympas
Voire renversantes, suivant l'angle de prise de vue choisi
Alors lui, c'est quelqu'un d'important... Si je me souviens bien ce qu'a dit Monica, une amie d'Elba qui a été notre guide improvisée, il a niqué Napoléon... ou quelque chose comme ça!
Comme toute station balnéaire qui se respecte, Gijon a son port de plaisance pour riches potentats locaux
Laura essaie de servir le cidre à la mode asturienne (notez aussi le tee-shirt pro-européen de Dudule
Gijon by night
L'heure du départ approche... Petite photo de ma chambre d'hôtel où j'ai dormi pendant une semaine, avant que je ne la quitte...
Et la salle de bain qui va avec!
La place du village où a grandi Elva
Ce village se trouve aussi sur les chemins de Saint-Jacques, comme l'indiquait ce panneau avant qu'il ne soit sauvagement tagué par quelque Espagnol éconduit (je m'abstiendrai de la traduction!)
La mère d'Elva a mis les petits plats dans les grands pour mon dernier déjeuner espagnol.
Une paëlla royale... Miam miam!
Et le bon petit vin qui l'accompagne
Première et dernière coupure publicitaire de ce message
Snif! C'est déjà l'heure de partir
Oh oh oh oh... En apesanteur!
Coucher de soleil aérien
Retour à Charleroi, il fait nuit noire dans mon coeur. Adios Espana! Mais non, ce n'est qu'un au revoir, mes frères...

Première fiesta espagnole

Comme une mise en bouche avant le jour J... Le mariage d'Alex et Elba est programmé pour samedi à la cathédrale de Leon. En attendant, les amis et cousins d'Elba ont accueilli les premiers Français arrivés par une énorme fiesta qui restera dans nos mémoires. Morgane et Dudule, les Frenchies débarquent chez le grand-père d'Alberto (le copain de Laura qui est la soeur d'Elva) Dudule avec une cousine d'Elva. Au fond s'étalent les drapeaux breton et de Leon She's a barbie girl... Alberto nous montre comment on sert le cidre en Asturie. Paraît que ça permet de l'aérer (il est naturellement peu pétillant) Et comme du bon cidre, ça ne nourrit pas son homme, on a aussi le droit à de bons petits plats On se régale L'hôte des lieux dégaine son artillerie lourde Dudule a vite apprivoisé le matériel Les amies d'Elva sont dans la place Sur les feuillages, le ciel étoilé (une nouvelle version de "sous les pavés, la plage", 40 ans après) La France (et l'Autriche) d'en haut Y a pas à dire: les Espagnols savent faire la fiesta Les mariés de dans 2 jours Prendre un enfant dans ses bras... (spéciale dédicace à Yves Duteil
videoMoi je te dis ping et toi tu me dis pong... Dudule est loin de ces préoccupations sportives d'avant-JO Alberto fait sa petite popote Suivant la maxime de Mao ("Prépare un digestif à quelqu'un, tu le feras boire un jour. Apprends-lui à le préparer, tu le feras boire pour toujours"), il me montre comment faire Le grand-père d'Alberto habite une maison traditionnelle Côté salle à manger Ca c'est avant d'avoir ingurgité la potion magique... Je vous laisse imaginer après! Derniers essayages avant le mariage Avec Elva et Monica... La French touch est toujours aussi successful T'as de grands yeux, tu sais

Wednesday, July 16, 2008

Quand Dudulos épousa Dudula

Petit conte de fées à la sauce Erasmus... Il était une fois Alexandre LG, d'Eliant près de Quimper dans le Finistère. Il obtint son bac avec une jolie mention très bien qui lui ouvrit grand les portes de l'IEP de Rennes. N'irradie-t-il pas, le nouveau marié?C'est là qu'il rencontra Laurent G, futur auteur de ce blog. Avec Marius, Paulux et Coco (ne vous fiez pas aux apparences, notre future Monique n'est pas une nunuche), ils formaient un peu les cinq doigts de la main. Dans le rôle du majeur, Laurent G, bien sûr (en toute modestie). Un jour, Alex devint Dudule, du nom de la mascotte de l'IEP de Rennes, un canard assez voyageur puisqu'il fait chaque année le déplacement au Crit, ces joutes sportives et festives inter-IEP. Mais ne nous égarons pas sur ces considérations annexes et revenons à nos moutons, ou plutôt à notre joyeux palmipède (c'est quand même plus gentil que notre vilain petit canard). Dudule passa sans encombre le cap de la première année de l'IEP et choisit la filière Service Public. Pas grand-chose à signaler sur ses amours, nous épargnerons l'épisode du Spectre à nos lecteurs à l'âme sensible. A l'époque, il était encore bien de droite. Jospin était premier ministre. Sarko n'était pas grand-chose, il tentait de se relancer en faisant la tournée des IEP, il passa donc à Rennes. Déjà, outre le fait que ses idées étaient aux antipodes des miennes, je le trouvais affreusement nombriliste. 21 avril 2002: le choc. Le Pen sur les écrans, la grosse désillusion, l'envie de dire à 15% des gens dans la rue: "Mais pourquoi?" Le regret d'avoir voté Mamère aussi. Ce ne sera pas Noël à Pâques pour les Verts cette année-là. Les manifs. Et puis le vote Chirac au second tour, la première et pour l'instant dernière fois que j'ai voté à droite dans ma courte vie d'électeur. Mais là encore, je m'égare, revenons au déroulé du fabuleux destin de Dudule, roi des canards. Pour sa troisième année à l'étranger, Dudule partit à Salzburg en Autriche. Il y but de la Red-Bull bien avant qu'elle ne débarque en France, il y vendit son sang et son plasma (car là-bas, ça ne se donne pas), il y rencontra plein d'Autrichiens, mais aussi d'Allemands, d'Américains... Bref, une vraie année Erasmus comme on les aime (parole d'ancien Edimbourgeois). L'année Erasmus, c'est comme le Nord de Dany Boon: on pleure deux fois, quand on part et quand on revient. Pourtant, Dudule revint. A l'arrivée l'attendaient sagement son Chapuis, son Gaja et autres passionnants bouquins de droit administratif. Comme il aimait ça (eh oui, c'est possible), il prit le séminaire dédié à la préparation des concours administratifs. Il créchait en Cité U pour cette quatrième et dernière année à l'IEP de Rennes. Nous sommes en 2003-2004. Jean-Pierre Raffarin prépare sa loi sur la décentralisation, une mesure chère à notre Dudule régional, dont le poil se hérisse à la lecture de la détestable première phrase de l'article 1 de notre Constitution: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale." Cela autorise-t-il le gouvernement à réprimer les langues régionales comme il a pu le faire par le passé en Bretagne? Faut-il rappeler que, dans la première moitié du XXe siècle, des panneaux fleurissaient dans les écoles de notre chère République: "Interdit de cracher et de parler breton". Progressivement, Dudule s'adoucissait politiquement. De Madelin, il passait à Bayrou. Il n'avait pas encore fini d'affiner sa pensée politique puisque c'est aujourd'hui un ardent militant du Parti breton, qui demande l'indépendance de la Bretagne et se dit apolitique (même s'il compte dans ses rangs davantage de gens de droite, puisque les autonomistes de gauche sont plutôt à l'UDB). Mais Dudule n'est pas qu'un animal politique. C'est au cours de cette dernière année qu'il fit la rencontre d'Elba, une Espagnole en année Erasmus à Rennes qui créchait dans la même Cité U que lui.
Rendez-vous dans 50 ans pour les noces d'or
La divine idylle les conduit au paradis d'Apollon. Elle allait perdurer et la belle Espagnole allait prolonger son séjour au-delà des Pyrénées. L'année suivante, Dudule s'en allait en prépENA à Strasbourg. Mais il n'allait jamais faire l'ENA, ce qui aurait été un comble pour ce virulent dénonciateur du centralisme jacobin français. Sa place était plutôt aux IRA. Non pas l'Irish Republican Army, quoique Dudule est un ami de l'Irlande, où il a séjourné à plusieurs reprises. Non, je veux parler des Instituts régionaux d'administration, qui forment les hauts fonctionnaires des collectivités territoriales. C'est dans celui de Nantes qu'il termina donc sa formation. Puis, il intégra l'équipe de la préfecture de Poitiers, la fonction publique d'Etat donc. Un douloureux compromis, voire une compromission, mais on ne choisit pas toujours ce que l'on fait pour gagner sa croûte. Alors, Dudule devint un peu décroissant dans l'âme: il se rendit compte que la centralité de la valeur travail est une bêtise qui a la peau dure. Il faut travailler pour vivre, et non pas vivre pour travailler, aurait pu dire Molière de nos jours. Elba le suivit dans ses pérégrinations. Et un beau jour, Dudule lui demanda sa main. Le 12 juillet 2008, dix ans après le sacre de Zizou et compagnie, en la magnifique cathédrale de Leon, Dudule épousa donc Elba. J'apportai ma modeste pierre à l'édifice en lisant un passage de la prière universelle. Je sais gré à Dudule de m'avoir choisi quelques phrases tout à fait opportunes. En gros, cela disait: "Puissent les nouveaux époux ne jamais être préoccupés par le travail et puissent-ils transmettre à leurs enfants les cultures auxquelles ils sont attachés." Décroissant et régionaliste à la fois, chapeau! Le dîner qui s'ensuivit fut à la hauteur des plus beaux contes de fées, le bal fut également un grand moment de fête. Après ce grand événement, je décidai de les rebaptiser. Retour en images sur cette grande journée où Alex et Elba devinrent Dudulos et Dudula. La mère de Dudulos et ses deux frères, Hugo et Gauthier, en bas de l'hôtel ou j'ai créché pendant mon séjour à Leon La famille et les amis du marié se sont mis sur leur 31 Tout ce beau petit monde se met en route pour la cathédrale, à 50 mètres de l'hôtel La cathédrale de Leon, théâtre de la célébration Paulux est là, les cheveux dans le vent Dudulos descendant de son carosse Le témoin du marié, son frère cadet, se fait épingler par la témoin de la mariée, sa petite soeur Laura et Dudulos... Non non, ce n'est pas celle-là que tu dois épouser, mec Les Espagnoles aiment les couleurs flashy et les robes de princesses pour les mariages Moi-même, en compagnie de Paulux et de son mari Marcin, polonais d'origine qu'elle rencontra également lors de son année Erasmus en Allemagne Margaux toute mimi Dudulos entouré de ses amis irlandais et de moi-même. Terre brûlée... Morgane plongé dans le joli livret de messe La princesse Dudula arrivant à l'église (je tiens à remercier mes parents sans qui je n'aurais pas été là pour prendre cette photo, et mon zoom optique 18x sans qui elle n'aurait pas été aussi bonne) Dudule voit sa dulcinée arriver Et voilà ladite dulcinée, au bras de son géniteur Les deux amoureux à quelques minutes d'unir leurs destins. Destinée... Quelle traîne! (attention à ne pas confondre pour les invités espagnols au mariage qui liraient ce blog: une traîne et une traînée, ça n'a rien à voir!) Ca y est, c'est fait. Ils ont consenti à se marier, devant témoins Les mariés avec la grand-mère de Dudula Et, pour ne pas faire de mamie jalouse, les mariés avec la grand-mère de Dudulos Ils se marièrent devant beaucoup d'enfants Et c'est parti pour la séance photo. Alors, on sourit bien, le petit oiseau va sortir Et voilà l'oiseau qui sort de son nid Et voici les mariés avec Alberto, le petit ami de Laura et donc futur beau-frère de Dudula Alberto et Laura, les prochains sur la liste? Je reviendrai bien à Leon, moi... Les nouveaux mariés sortent de la cathédrale sous les flashs du paparazzi de service A la sortie, on attend les héros du jour Un petit coucou du papa de Dudula Les mariés n'ont pas manqué leur sortie... ...et nous non plus, on ne les a pas manqués Un dédale de pétales s'étale à leurs pieds
C'est parti pour une séance de félicitations L'Espagne est vraiment un pays chaud "T'as de beaux pieds, tu sais" Les mariés avec les joyeux cousin(e)s d'Elba On élargit le cercle Ca a l'air d'une basique contre-plongée comme ça, mais c'est l'instant précis où le photographe officiel s'est dit: "merde, j'ai de la concurrence, là". Ce qui se traduisit, en Espagnol, par un pouce levé vers le haut Dudule et Claire, une amie venue d'Irlande Alors là, je ne sais pas trop qui c'est, mais ils étaient invités au mariage, donc c'est sûrement des gens très bien. Ah si, à droite, c'est Sergio, un cousin d'Elba Une cousine, Laura et Alberto, viva Espana! Alberto et Lorenzo Les mariés avec des invités espagnols La caution jeune du mariage (te cache pas, Margaux, on te voit quand même) Encore une photo de groupe pour la route Les mariés se dirigent vers leur carosse Quelle belle carosserie (non, je ne parle pas d'Elba, m'enfin) Certes, comme ça, c'est joli, presque idyllique. Mais attention, n'oubliez jamais qu'une voiture est une source de pollution en partie responsable du réchauffement climatique qui nous tuera probablement tous un jour... Apéro time! Après la célébration, direction une terrasse avec la joyeuse bande d'Espagnols Salut! (prononcez saloute, c'est pour trinquer avec des Espagnols) Il fait chaud, alors elle fait son show Croiser une Japonaise en Espagne, y a de quoi en perdre son latin Non, je ne me la pète pas du tout Mais quelle mouche a piqué Alvaro? En fait, ça devait être un enterrement de vie de jeune fille ou quelque chose comme ça, en tout cas une bonne occasion pour Alvaro de bouger son corps Alvaro fait de la pub pour le tren turistico Champ contrechamp, voilà le fameux tchouk-tchouk Ola que tal? L'hôtel Conde Luna où se déroule la suite des festivités "Mama mia!" Petite pause détente dans les salons de l'hôtel avant d'en prendre plein la gueule Tout est en place, la fête va pouvoir commencer En vitrine, c'est bon comme du bon vin Il n'y a pas qu'à Cannes que l'on déroule le tapis rouge pour monter des marches au bras de charmantes demoiselles Quatre garçons plein d'avenir Sergio fait sa petite démonstration de karaté La French connection, voire la Dream Team, est dans la place Le repos du guerrier Témoin numéro 1 J'ai transmis leurs coordonnées à Colgate Espagne Et les leurs à Signal Espagne Les mariés vont-ils passer à l'action? Il la dévore des yeux... ...et la boit goulûment Dudulos et Pascal, duo chic pour photo choc Javier (le père de Juan) et son épouse, cet homme est fou Paulux et Dudule, IEP revival, Sciences Po Rennes forever Juan et Javier, tel père tel fils Dudulos et Dudula avec el Sherif (le père d'Alberto, n°3 de la police à Leon) et son épouse Défilé de mode espagnole Dis-moi, mon beau miroir, qui est la plus belle (même les yeux fermés) Dudula sait aussi ouvrir les yeux (parfois) A tous seigneurs tout honneur: Alberto, son papa, sa maman Juan et Alvaro, les deux gentlemen célibataires côté espagnol Des émules de Patrick Sébastien se seraient-ils infiltrés au mariage? Tel est pris qui croyait prendre Et c'est parti pour le jeu préféré des Espagnols: on chante une petite ritournelle avec deux prénoms, le premier cité doit se lever et donner un baiser à la deuxième personne On se croirait au bal de Cendrillon Claire, woman in black 22h30, Dudula n'ouvre toujours pas les yeux sur la terrible réalité: elle est mariée 22h32: Alberto et son futur beau-papa font l'accolade Quand Dudula fait la bise à son cousin (toujours la ritournelle du leventate et setientate), Dudulos préfère se plonger dans son assiette pour ne pas voir ça Attention: tentative d'approche de Juan sur une jolie cousine française de Dudulos... Suspense: va-t-elle mordre à l'hameçon? Vous le saurez dans un prochain mariage
video
Les répliques de la pièce montée sont fidèles aux originaux Les mariés la découpent à l'épée, tradition oblige