Kispasse

Sunday, October 12, 2008

Franck Dubosc se met à nu

"Il était une fois... Franck Dubosc." C’est le titre du nouveau spectacle de l’humoriste, dans lequel il raconte quelques passages de sa vie, de sa naissance à sa vieillesse imaginée. Avec un humour qui fait mouche. Rencontre.
Vous vous mettez à nu dans ce spectacle, tout en romançant un peu votre vie. À quel point est-ce le vrai "journal d’un Franck", pour reprendre votre expression?
À un point assez important. Il y a beaucoup de choses vraies, plus que d’habitude, plus que dans mes précédents spectacles. Pratiquement tout est vrai, sauf bien sûr quand je joue le vieux monsieur de 84 ans, à la fin. Mais j’ai vraiment été un bébé moche, qui faisait caca derrière le coffre à jouets. J’ai vraiment eu beaucoup de boutons quand j’étais ado. Une chose fausse, c’est à propos de ma première relation sexuelle: ce n’était pas avec une Anglaise, mais avec une Belge! En tout cas, c’est pour ça que j’aime beaucoup jouer ce spectacle: je retraverse réellement ma vie.
Est-ce difficile de livrer ainsi une part de soi-même sur scène?
Non, parce que je ne livre que des moments choisis. En revanche, ça aurait été plus difficile quand j’ai commencé, il y a dix ans. Je n’aurais pas eu le courage, ou peut-être l’impudeur, de le faire.
Y a-t-il des éléments de votre vie que vous avez hésité à raconter parce qu’ils étaient trop intimes?
Je me suis demandé dans quelle mesure je parlais ou pas de mon père, décédé. Je le fais finalement à deux reprises. Et puis, c’est marrant, mais je ne parle pas de ma sœur, alors qu’elle compte énormément pour moi. Et je le lui ferai savoir le soir où elle sera dans la salle. J’adapte aussi quelques détails de mon spectacle aux circonstances. Par exemple, la première fois que je l’ai présenté à Lille, en octobre au Sébastopol, j’ai donné le prénom de Monique à la première fille que j’ai embrassée. En fait, la maman de mon premier metteur en scène, qui était lillois, s’appelait Monique.
Vous commencez par raconter votre naissance, le 7 novembre 1963, dans la froideur du Petit-Quevilly, dans la banlieue de Rouen. Ce n’est pas à proprement parler un Hollywood français et vous avez d’ailleurs cette jolie formule dans votre spectacle: "C’est comme commencer une partie de Scrabble avec que des W." Dans ces conditions, diriez-vous que votre succès compte triple?
Oui, tout à fait. Ce n’est pas une question d’être un fils de, mais c’est vrai que, pratiquement parlant, je n’avais pas de structure pour répéter, pas d’argent. En même temps, si j’avais eu cette aisance, je ne l’aurais peut-être pas fait. On se bat d’autant plus que le combat est difficile.
Vous racontez aussi votre adolescence, l’âge ingrat de la puberté. Est-ce que ça a vraiment été une période difficile pour vous?
Pas difficile, mais j’ai quand même souffert des boutons. Je n’étais pas un ado très séducteur, les filles ne me regardaient pas. C’est peut-être pour ça, que j’ai joué ce personnage à qui tout réussit.
Le récit de vos premières relations sexuelles, comparées avec la guerre au Vietnam, fait beaucoup rire. Êtes-vous resté en contact avec Simone, la "guerrière" anglaise qui s’avère en fait être belge? Vous a-t-elle fait des commentaires sur ce sketch?
Non, pas du tout. Ça, c’est du roman. J’ai écrit cette partie sur le sac à vomis d’un avion, en atterrissant à Toronto, en rentrant du Mexique. J’ai mis le point final quand les pneus ont posé le sol. Pour ma vraie première relation, j’étais dans un camping avec douze jeunes. J’ai partagé mon sac de couchage avec une Belge et on a fait ça dans une grange, à côté. Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur! Et ça a dû me laisser plus de souvenirs qu’à elle!
Vous interpellez le public à plusieurs reprises et vous faites monter quelques spectateurs pour une leçon de disco. Vous est-il arrivé d’avoir des réactions qui vous ont désarçonné?
Pas quand les gens montent sur scène. En général, ils n’osent pas trop faire le malin et ils ont raison: le public préfère les gens simples. En revanche, lors de mon premier passage au Sébastopol, au début de mon spectacle, je demande: "Qu’est-ce que j’ai de plus que vous?" Quelqu’un a crié "rien", avant que je n’aie le temps de dire "du talent", ça m’a un peu désarçonné. C’est la preuve que l’humour est un exercice fragile.
Au cinéma, vous vous êtes illustré dans des comédies populaires. Est-ce ce que vous préférez jouer? Aimeriez-vous diversifier vos rôles?
On verra, je n’en ai pas la volonté pour l’instant. J’ai choisi la difficulté, l’humour. Quand je serai fatigué, je ferai la simplicité, le dramatique. Mais j’ai déjà tâté les deux, avant d’être connu.
Quelques facettes moins connues de Franck Dubosc: vous avez été journaliste pour la chaîne anglaise Channel Four, assistant magicien et acteur dans la série anglaise à l’eau de rose Coronation Street. Que retirez-vous de toutes ces expériences?
S’il y avait une suite à ce spectacle, je pourrais parler de tout ça. Ce sont de très belles années, qui ont forgé mon caractère. Tout à coup, j’étais devenu connu de l’autre côté de la Manche. Mais quand je rentrais à Paris, je retrouvais ma chambre de bonne.
Vous terminez votre spectacle en vous imaginant à 84 ans. Qui aimeriez-vous être à cet âge-là?
Un vieux con avec beaucoup d’argent, un bateau et plein de belles gonzesses (rires). Non, le plus sain, ce serait un vieux monsieur, avec sa femme et de grands enfants qui pensent encore à moi. Mais surtout, que je n’ennuie personne!

LES PETITS PREFERES DE FRANCKY
Probablement aimez-vous Franck Fubosc, mais qu’aime Franck Dubosc? Pour mieux le connaître, nous lui avons demandé ce qu’il préférait. Où l’on apprend qu’il est 16e au championnat du monde de Formule 1 sur PSP...
Musique: le chanteur anglais James Blunt. D’ailleurs, je passe un extrait de l’une de ses chansons à la fin du spectacle, pendant le rappel, quand je m’imagine à 84 ans.
Film: Quand Harry rencontre Sally.
Plat: avocat-vinaigrette en entrée, et puis un bon steack-frites.
Boisson: du rosé.
Sport: j’ai découvert le surf.
Jeu: la PSP (playstation portable, ndlr). J’ai beaucoup l’occasion de m’en servir en tournée, car je voyage pas mal. En ce moment, je suis 16e au championnat du monde de Formule 1, avec Alonso!
Devise: "vise la lune, au pire tu toucheras une étoile." C’est d’Oscar Wilde.
Destination de vacances: le Mexique, et tout particulièrement la province du Yucatan.
Public: il y en a plusieurs. En fait, je dirais celui qui vient me voir. Je suis flatté.
Passages de son spectacle: le récit de ma première relation sexuelle, et aussi celui du vieux monsieur, à la fin, quand je m’imagine à 84 ans. J’aime aussi quand je raconte mon arrivée à Paris, dans une chambre de bonne: c’est un des moments les plus vrais. Ce sont les plus émotionnels, même si ce ne sont pas forcément ceux qui font le plus rire.

Wednesday, September 10, 2008

Notre belle famille

Quelques petites photos personnelles qui n'intéresseront peut-être que les intéressés, mais il faut de tout pour faire un blog! Des clichés d'été pris en Bretagne. A Damgan, Guer et Erquy. En famille.
Pour la peine, quelques petites citations rigolotes choppées sur Evène.fr sur le thème de la famille...
"J'aime ma famille mais je donnerais mes six enfants pour qu'on me débarrasse de ma femme." (Henry Koster, dialogue du film américain Inspector General)
"Le chef de famille c'est celui qui tient la télécommande." (Jean-Jacques Thibaud, extrait de Je m'plaisante)
"Si la théorie de l'évolution est vraie, comment se fait-il que les mères de famille n'aient toujours que deux mains?" (E. Dussault)
"S'informer, c'est se retrancher, n'importe quel père de famille vous le dira, à l'heure de la vaisselle. Le quotidien qui informe nous préserve de celui qui encombre." (Daniel Pennac, extrait de Messieurs les enfants)
Jour de grande marée début août sur la plage de Damgan
A la pêche aux coques
Le geste est sûr, la technique rodée
Philippe à l'action
Chamie dans ses oeuvres
Chapie en quête de coques
Le crapaud, position officielle de la pêche aux coques
Maman est armée, les coques n'ont qu'à bien se tenir
Non non, papa ne fait pas popo (ok, ce n'est pas super élaboré comme légende)
Christine a fait une trouvaille
Maman aussi
Phil se prend pour Passy...
... face à la mer, il se sent grandir
Petite promenade en bord de mer
Renversant, n'est-il pas?
Du sable fin, un bon début
Pas besoin de partir à l'autre bout du monde pour trouver de belles plages pour se balader
Petite pause pour la pose
Recto...
... verso!
OK, les Bleus ont bien merdé à l'Euro. Mais la grande bleue est toujours là pour rendre heureux
Bon vent pour les véliplanchistes
Belles vagues pour les surfeurs
Et tout baigne pour nous
Bon OK, nos rictus nous trahissent: on a connu plus chaud
Mode sans lunettes...
Mode avec lunettes
Début de la série "souffler de bougie"
En plein effort...
La bougie résiste, mais je finirai par en venir à bout
Hey hey! L'heure du cadeau... Merci papa...
... et merci maman!

Monday, September 01, 2008

Rock en Seine: REM 1 - Amy 0

Je n'ai pas vu Amy Winehouse à Rock en Seine cette année. Normal, elle n'est pas venue. Pour la deuxième année consécutive, elle a fait faux bond et a posé un lapin à son public. Du foutage de gueule de premier ordre. Mais comment respecter ses fans quand on ne se respecte pas soi-même? Drogue, alcool... Amy s'autodétruit. Elle a trouvé sa voix, mais pas encore la voie de la sagesse. Alors moi aussi, je ne suis pas venu. J'avais préféré mettre ma RTT à profit pour voir REM le jeudi plutôt qu'Amy le vendredi. Bien m'en a pris. Retours en images et en vidéos sur une journée de rock en scène.
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Tel Moïse, je fends la marée (humaine)
Premier groupe de l'après-midi: Infadels, un groupe d'électro-rock anglais formé à Hackney (banlieue nord-est de Londres). Quand j'arrive, ils reprennent "Where's my mind" des Pixies. Ca commence bien!
Surprise peu après le concert: je croise dans le public l'un des membres du groupe, à la recherche de sa copine
Venu d'Helsinki, Apocalyptica fait du métal classique. Si si, ça existe: c'est du métal, mais avec du violoncelle. Un mélange des genres assez réussi.
Mention spéciale pour le décor de scène, joliment goupillé
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Vous êtes sceptique? Ecoutez ça!
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Une deuxième vidéo pour la route
La brochure passant en liste les annonçait comme "l'une des révélations de cette sixième édition". These new puritans s'est surtout révélé mou et sans saveur.

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The Do était partout cet été, y compris porte de Saint-Cloud, évidemment. Ici la vidéo d'at last
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Vous en voulez encore
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Enfin, leur tube On my shoulders pour finir. C'état plus calme qu'à Carhaix où tout la moitié du public était monté sur les épaules de l'autre moitié
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Ca enchaine avec Serj Tankian, le chanteur de System of a down
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Serj Tankian est un musicien américano-néo-zélandais d'origine arménienne, bref un citoyen du monde
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Tankian a profité de la pause des membres de System of a Down pour se consacrer à ses projets personnels, notamment son album solo, Elect the dead, sorti en octobre 2007
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Serj Tankian n'hésite pas à s'engager, notamment pour la reconnaissance du génocide arménien : il est l'instigateur d'une manifestation de plusieurs jours à Washington DC en avril 2005 demandant sa reconnaissance par les États-Unis. Autre exemple : son billet Understanding Oil, publié après le 11 septembre 2001 sur le site officiel de System of a Down, a créé la polémique et été retiré par Sony, accusé de cautionner les attentats
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C'est ensuite l'heure des vilaines jolies choses...
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Dirty Pretty Things s'est formé en 2005 autour de Carl Barat, ancien co-leader de The Libertines avec Pete Doherty
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Si Pete Doherty et ses Babyshambles étaient à Carhaix cet été, Carl était lui à Paris
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Dirty Pretty Things a sorti son premier album Waterloo to Anywhere en mai 2006. Deux singles en sont issus : "Deadwood" et "Bang Bang You're Dead". Les critiques sont plutôt partagés vis-à-vis de cette nouvelle formation considérée plus ou moins comme des "sous Libertines"...
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Le deuxième album des Dirty Pretty Things, Romance At Short Notice, est sorti au début de l'été 2008...
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...mais ils n'auront pas eu beaucoup l'occasion de le jouer sur scène, puisqu'ils ont annoncé leur séparation le 1er octobre
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Ils ont tout de même poursuivi leur tournée jusqu'à un ultime concert le 20 décembre à l'Astoria 2 de Londres
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Ca commence à remuer devant la scène
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Kaiser Chiefs, ça dépote!
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Une petite info au passage: le nom du groupe vient du club sud-africain Kaizer Chiefs Football Club, dans lequel a joué Lucas Radebe, ancien capitaine de l'équipe de Leeds, dont les membres du groupe sont supporters
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Tricky et sa bande font l'intermède entre les Kaiser et REM
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C'est parti pour le big show de la soirée avec REM. Et ça commence très fort avec Bad day! Mais non, c'était une belle journée, Michael!
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What's the frequency, Kenneth? Le cultissime premier single de leur album Monster, sorti en 1994.
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The great beyond, écrite en 1999 pour le film Man on the moon
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REM a été formé à Athens (en Géorgie) en 1979 par Michael Stipe (chant), Peter Buck (guitare), Mike Mills (basse) et Bill Berry (batterie). Seul ce dernier a pris ses distances depuis, contraint et forcé en 1997 par des soucis de santé, mais il revient occasionnellement jouer sur scène avec eux
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Pour la petite histoire, REM est l'acronyme pour Rapid Eye Movement (mouvement oculaire rapide), le nom donné à l'étape du sommeil paradoxal durant laquelle les globes oculaires s'agitent rapidement alors que le dormeur rêve
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Michael Stipe n'est jamais le dernier pour s'engager sur le plan politique et environnemental
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Une devise du chanteur est d'ailleurs celle des altermondialistes: «penser globalement et agir localement"
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Le groupe a régulièrement donné des fonds pour des actions de charité locales et pour aider à la rénovation et à la préservation des bâtiments historiques de la ville d'Athens, d'où ils sont originaires
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Lors de la cérémonie des MTV Video Music Awards en 1991, Stipe portait une demi-douzaine de t-shits différents affichant des slogans militants, dont "rainforest", "love knows no colors" et "handgun control now"
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Fidèle à leur ligne de conduite, à Rock en Seine aussi, Michael a décoché quelques flèches anti-Bush.
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En 2007, le groupe a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland. Ce n'est que justice
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Supernatural superserious: des riffs vraiment puissants pour ce dernier single, issu de l'album Accelerate
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Losing my religion: la chanson que mon frère a passé en boucle pendant quelques années, mais je ne m'en lasse pas!
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Salut Michael! Reviens quand tu veux

Monday, August 25, 2008

Groix, la magie du cinéma

C'était mon deuxième Fifig. L'année dernière, j'avais couvert le Festival international du film insulaire de Groix comme journaliste au Télégramme. J'étais venu, j'avais vu et j'avais vécu de grands moments, notamment ce slow enfiévré avec Niuver. Cette année, j'y suis retourné comme simple festivalier. Bien m'en a pris. Tous les éléments sont réunis pour passer cinq belles journées: un site magnifique, des films passionnants (merci au programmateur Yann Stéphant) et une ambiance sympathique, notamment lors des concerts nocturnes, suivis des afters au Bonobo bar. Conseil d'ami: ne pas en abuser quand même sous peine de somnoler lors des projections, calé dans votre fauteuil molletonné. Côté septième art, il y a trois types de projections. Celle des films en compétition, tous des documentaires traitant, sous une forme ou sous une autre, du thème de l'insularité. Il y a aussi des films mettant à l'honneur un invité, cette année l'Islande, et des projections s'inscrivant dans des thématiques particulières, par exemple le réchauffement climatique. Cette année, j'ai surtout regardé les documentaires en compétition, et je dois dire que j'ai beaucoup appris. Pour la petite histoire, ceux qui ont décroché le pompom sont les documentaires Promised paradise (portrait d'un marionnettiste qui explique aux enfants que le terrorisme, c'est mal, palme d'or du jury), as old as my tongue (l'histoire d'une ancienne africaine qui chante, prix du documentaire le plus humain, également décerné par le jury) et Fear Na Noilean (prix du public). Mais ne me fiant qu'à mon avis totalement subjectif, je me permets de vous livrer mon Top 5, auquel seul le dernier susnommé appartient.

Mon top 5: NUMBER 1) L'exploration inversée, de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier. Il y a du Bienvenue chez les Ch'tis dans ce docu, mais à l'échelle française. Du Visiteurs aussi, des temps modernes. Le principe: un Français qui vit depuis longtemps chez les Papous décide de les emmener en France, pour une exploration inversée. Il les traîne dans un château de nobles prout-prout en Dordogne, puis le lendemain dans une cité HLM du Havre. Ils goûtent à la gastronomie française, notamment les huîtres. Ils découvrent aussi, entre autres, comment on traite nos bêtes d'élevage (dans une porcherie bretonne), nos enfants (à l'école), nos anciens (dans une maison de retraite (initiales "mdr" dans mes bloc-notes!) ou encore nos morts (au travers d'un magasin de pompes funèbres). Avec des conclusions souvent drôles et toujours fines. C'est léger, enlevé, rythmé. Franchement, à 20h50 sur TF1, avec une belle promotion, je suis persuadé que ça cartonnerait. Avis à Laurent Storch, directeur des programmes de la première chaîne.

NUMBER 2) Retour sur Ouvéa, de Mehdi Lallaoui. Nouvelle-Calédonie, le bordel en 1986, les accords de Matignon: voilà ce qu'il me restait de mes leçons d'histoire à propos de cet épisode récent de l'histoire "française". A-t-on tout dit en disant ça? Certainement pas. Medhi Lallaoui le prouve magistralement avec ce docu extrêmement documenté et bien monté. A voir pour savoir ce qui se cache derrière cette sombre histoire. On dit souvent que les cours d'histoire zappent la guerre d'Algérie, la colonisation et tout ce qui porte atteinte à notre chère République. Alors qu'honnêtement, je n'ai pas du tout l'impression que mes profs d'histoire aient "oublié" de nous en parler. En revanche, la cause des Kanaks m'est passée complètement au travers, peut-être parce que cela ne concerne pas les politiciens d'hier, mais ceux d'aujourd'hui, et que leur lutte n'a pas encore trouvé de point final. D'où l'intérêt de comprendre ce qui s'est passé sur Ouvéa, cet île de Nouvelle-Calédonie, du 22 avril au 5 mai 88, en pleine présidentielle Mitterrand vs Chirac. Tout a commencé par une opération symbolique des nationalistes kanaks pour occuper une gendarmerie et hisser le drapeau kanak à la place du drapeau français. Ils veulent protester contre la loi Pons (du nom du ministre de l'Intérieur de l'époque), qui annihile toute velléité indépendantiste et qui devait être soumise par référendum à la population le même jour que la présidentielle (un bon moyen d'être sûr que tous les militaires et autres Français de souche installés sur l'urne ne bouderont pas les urnes). Les gendarmes sont dépassés et pris de panique, ils commencent à tirer en l'air. Les Kanaks dégainent à leur tour et l'opération vire au drame: trois gendarmes sont tués par balles. Les nationalistes prennent le reste des militaires en otage et se séparent en deux groupes. L'un part au sud de l'île. Comprenant l'impasse de la manoeuvre, les Kanaks libèrent les otages. L'autre groupe part au nord de l'île et s'installe dans une grotte. Commencent des négociations entre des policiers du GIGN et les preneurs d'otages. Le 5 mai 1988, le gouvernement Chirac, à la demande de Bernard Pons et avec l'assentiment de François Mitterrand, déclenche l'opération "Victor". Cette opération permet la libération des gendarmes retenus en otages. Au prix de la mort de 19 preneurs d'otages et 2 militaires. L'intérêt du docu, c'est d'avoir interrogé plein de protagonistes de l'époque, à commencer par des preneurs d'otages. Où l'on entend Bernard Pons affirmer une chose, et juste après un ancien policier du GIGN dire son contraire. Ce témoignage est particulièrement intéressant car ce policier affirme que les négociations avançaient bien et que c'est pour des raisons politiciennes que l'assaut armé à été ordonné, les politiques de l'époque craignant que cette prise d'otages ne pèse sur les résultats de la présidentielle. Autre problème souligné: certains militaires qui ont mené l'assaut ont été "zélés", n'hésitant pas à tuer des Kanaks à terre et sans défense. Ce qui a fait passer ces preneurs d'otages, aux yeux d'une partie de la population Kanak, pour d'héroïques combattants de la liberté. S'ensuit la signature des accords de Matignon, sous le gouvernement Rocard, pour ne pas trop sortir par le bas de cette tragédie. Du donnant-donnant: les preneurs d'otages sont amnistiés en même temps que les militaires, un protocole est mis en place vers un référendum d'auto-détermination, qui devrait se dérouler dans les années à venir. Dernier problème: les Kanaks sont devenus minoritaires sur leur propre île, à cause de l'installation successive de couches de populations françaises "de souche". Y a pas qu'en Géorgie ou dans les Balkans que certaines minorités ont du mal à se faire respecter.

NUMBER 3) Fear Na Noilean, de Fear Na Noilean, de Loïc Jourdain. Tory island, un bout de caillou de 5 km sur 1 km à 9 miles de la côte nord-ouest de l'Irlande. 150 habitants résistent encore et toujours aux conditions assez extrêmes. L'insularité, la vraie, bien loin des clichés palmiers, sable fin, tropiques. Ici, il faut lutter pour vivre, travailler, manger. Le documantaire raconte comment le gouvernement irlandais, pour décourager les habitants, avait choisi, dans les années 70, de ne pas investir sur cette île, coupée du monde et sans électricité. C'était jusqu'à l'arrivée d'un prêtre grande-gueule, Diarmuid O Peicin, en 1980. Il a médiatisé l'île de Tory jusqu'au Parlement européen et même Washington. Il vient de mourir. Le réalisateur, présent sur Groix, expliquait qu'à la fin de sa vie, il regardait le film tous les jours. Ce docu lui rend en tout cas un bel hommage.

NUMBER 4) United Africa, d'Olaf de Fleur. C'est le genre de docus qui rappellent à bon escient ce que peut être le sport, et particulièrement le foot. Une belle aventure collective, une histoire d'amitié et de volonté pour atteindre un but commun, la victoire. On est bien loin des enfants de la balle surpayés, chouchoutés et individualistes du foot pro moderne. Le docu suit la saison d'une équipe islandaise. Particularité: elle se compose uniquement d'immigrés. Au départ, ils se prennent des branlées avec des scores qui rappellent davantage le baby-foot. Ca gueule sur les arbitres, ça se frictionne au sein de l'équipe, ça se fissure de tous les côtés. Et puis, en resserrant les boulons en fin de saison, avec le couteau sous la gorge, l'équipe se sauve in extremis d'une descente qui lui semblait promise. Tout ça est bien emballé, rythmé, décapant.

NUMBER 5) Cuba, l'art de l'attente, d'Eduardo Lamora. C'est un exilé cubain qui revient sur son île, dans sa famille, chez les siens. Il avait profité d'un voyage à l'étranger pour prolonger son infidélité à Fidel. Mais ce n'est pas son déracinement qu'il raconte, mais son bref retour au pays du cigare. Avec poésie, grâce et élégance. Lamora donne de quoi faire aimer Cuba et détester son régime.
Marre du terre-à-terre? Et si vous preniez la mer...
Bye-bye France...
... Bienvenue à Groix!
Je quitte le continent alors que le ciel menace de me tomber sur la tête
Cap sur Groix!
A bord du bateau, l'excitation monte au fur et à mesure qu'on approche de Groix
Une de mes activités favorites sur les festivals: faire de la promo pour Le Télégramme. En plus, le journal est partenaire unique du Fifig, Ouest-France ayant exigé en vain l'exclusivité
Un bon bouquin et les écouteurs pour agrémenter la traversée
Quechua, partenaire officiel sur la route des festivals
A l'abordage de Port-Tudy
Faut viser le trou...
Une idée de film pour Dany: Bienvenue au paradis! Lieu de tournage: Groix
Derniers mètres avant de toucher un autre monde
L'équation du bonheur: arrivée sur l'île = sourire sur le visage
Comme à Cannes, ça commence par une montée des marches...
... mais ici, ce sont les festivaliers qui en bavent sec, sacs sur le dos
Vous ne saviez pas où passer vos prochaines vacances?
Le genre de vues qu'on a en allant du camping gratuit au site du festival
La belle affiche de l'édition 2008 a été carrément peinte sur une maison de Port-Lay
Les bénévoles ne chôment pas...
... Normal, le premier soir, pour fêter le lancement du festival, c'est apéro gratuit pour tout le monde!
Pour ouvrir les festivités, le cercle celtique de Groix est de la partie
La gavotte a toujours la cote
Ca a de la gueule, un petit Breton en costume, non?
Le public familial apprécie le spectacle
Ils ont bon dos, ces danseurs en culotte courte
Les filles aussi papotent entre deux tours de danse
Les bras collés, les oreilles décollées
Un geste pas très académique
"Eh oh, tu me l'apportes, mon kouign amann?"
Une coiffe décoiffante
Il y a ceux qui tournent au Kool Shen, et ceux qui tournent au chouchen
La magie opère et les festivaliers emboîtent bientôt le pas des danseurs du cercle
Toutes les générations de Bretons unies dans un même mouvement
Dans la Sainte-Trinité des organisateurs du festival, voici le Père: Gwéna Le Gras.
C'est à la fois le président de l'association et le grand chef des bénévoles
Le fils de Dieu, Yann Stéphant, excellent programmateur du festival (à droite)... Qui pose ici avec son homonyme
Jean-Luc Blain, directeur du festival, le Saint-Esprit
Ancien journaliste à France Inter, ce baroudeur a écumé le monde avant de poser ses valises à Groix
Norbert Métairie, maire de Lorient, est un fidèle festivalier
Port-Lay, sa jetée aux pieds mouillés
Petit jardin secret caché dans les hauteurs de Port-Lay
Pour une fois que les pots de fleurs ne gâchent pas la fête
Quand la compagnie Carabosse bosse
Grue de Groix sous gros ciel gris
Pour la soirée d'ouverture, la compagnie Carabosse est aux manettes
Nouvelles versions des "petits ruisseaux qui font les grandes rivières"...
...c'est avec de petites torches enflammées qu'on fait des grosses boules de feu
L'enfant, le feu, l'effet, la fête
Ambiance préhistorique post-guerre du feu lors de cette première soirée du Fifig
C'est un haut-lieu du festival. Ca se passe comme ça au Bonobo bar, réputé pour ses afters de folie
Guitare cherche doigts. S'adresser au Bonobo bar
Au Bonobo, la bière coule à flots
Soha, premier concert d'ici et d'ailleurs pour lancer le festival côté scène
Soha, pas de graisse mais de la grâce (désolé)
C'est une belle histoire de ce Fifig... La chanteuse de Buddafh'gang étant malade, c'est une bénévole venue d'une île canadienne qui l'a remplacée après avoir répété tout l'après-midi avec le groupe
Star d'un soir, sous les projecteurs
Le saxophoniste du groupe s'est donné à fond, mais n'a jamais été à bout de souffle
Les Ramoneurs de menhir, avec leur medley punk-musique celtique, ont tout emporté sur leur passage
Sympas, ils ont fait monter des mini-punks pour partager la scène avec eux
Moonlight Benjamin, la chanteuse haïtienne de Dyaoulé Pemba, qui critique les technocrates du FMI au détour d'une chanson... Message reçu, DSK?
Le violoncelliste virtuose de Dyaoulé Pemba, le crâne chauve et le talent au bout des doigts, comme Fabien Barthez en somme
Entraînement intensif avant Fort-Boyard?
En bon critique ciné, je n'ai pas peur de me jeter à l'eau
Quand mon blog bugue! Non ce n'est pas un oeuf sur le plat... Oui c'est une tasse de café... Vous trouvez que ça n'a aucun intérêt? Tant pis, je fais ce qui me plaît.
Le retour se fait à bord du Kreiz er Mor, et je me retrouve aux premières loges pour sauver ma peau, des fois qu'il se prendrait pour le Titanic
Breton? Français? Européen? Citoyen du monde? Qui suis-je, moi qui vogue sur cette planète depuis 26 ans?
Quand je quitte Port-Tudy, le vague-à-l'âme arrive
Les sirènes du phare de Port-Tudy chantent encore la même mélodie
Ce petit paradis n'a rien d'artificiel
Les voiliers de la marée, à ne pas confondre avec les voiles de la mariée