Kispasse

Tuesday, July 10, 2007

Apéro à Bobio

"On est quoi? Des Action man... Pourquoi? On est des hommes de terrain... De jour comme de nuit, on est dans l'match, du début jusqu'à la fin... Et on est... à bloc!" Le festival des Terre-Neuvas à Bobital, ce sont trois jours à part dans le calendrier. Trois jours de fête et de concerts avec une bande de joyeux lurons, pour la plupart flics dans la vie. Les paroles ci-dessus, c'est l'hymne qu'on crie à tue-tête en allant sur le site, et qui explique l'extinction de voix du lundi. La dixième édition fut, comme à l'accoutumée, riche en rebondissements. Cap sur Bobital!
Vendredi, Sinclair ouvre le bal. Vous ne voyez pas qui c'est? Non, ce n'est pas le fils (ou alors caché) d'Anne Sinclair. Et pourtant, son père, c'est bien Dominique, mais pas le même. Son papa ne va pas diriger le FMI grâce à tonton Sarko, mais c'est quand même un des plus grands ingénieurs du son français. Vous avez le sentiment confus de ne toujours rien savoir sur Sinclair? Dites tout de suite que je n'ai pas les idées claires... Peut-être la faute au perroquet, dont l'abus peut provoquer le hoquet, OK? Bref, Sinclair, c'est celui qui chante Ensemble ou C'est si bon comme ça. Bien que je ne le connaisse pas personnellement, il a l'air du prototype du bobo parisien. Donc réécoutez la dernière chanson de Renaud si le sujet vous passionne. Par contre, pas la peine de se faire chier à écouter ses albums, attendez le best of, ce sera largement suffisant.
La suite, c'est Anis. Et oui, encore! Vous prendrez bien une deuxième rasade, scène Grand Banc. Car oui, bande d'incultes, l'anis n'est pas que la plante préférée des boulistes sudistes, c'est aussi un prénom arabe signifiant "le compagnon". Notamment porté par un jeune chanteur de trente ans présent pour les dix ans de Bobital. Et ce gadjo décalé a bien joué son rôle de hors-d'oeuvre, avec ses oeuvres qui ne sont pas encore dignes d'un chef, mais déjà d'un futur grand.
Aux suivants! Eux ne sont pas des futurs grands, ou alors je n'y comprends plus rien. Mais ce sont déjà les idoles des petites, et ça peut rapporter gros. Pour preuve, la moyenne d'âge extrêmement juvénile de cette affluence bobitalienne du vendredi. Encore que les parents sont là pour accompagner. Devant Tokio hotel, car c'est d'eux qu'il s'agit, je me sens soudain vieux. Lost in translation. Comment peut-on aimer ça? Trouver ces quatre Allemands atypiques, passe encore. Mais kiffer leur musique? Un océan de perplexité s'ouvre devant moi. Les groupies exultent. Je crie du Bruel entre deux chansons, et je fais remarquer que rien n'a changé en dix ans. Qui a le droit de faire ça à des enfants qui croient vraiment ce que disent les grands? Une fan me demande de me taire.
C'en est trop. Un petit tour du site s'impose. Je ne suis pas déçu cette fois. Je tombe sur le stand Capitaine de soirée qui offre trois boissons non alcoolisées gratuites à qui veut bien promettre de ne pas boire d'alcool pour être apte à ramener la voiture. Et comme les promesses n'engagent que ceux qui y croient... Surtout que je dors sur place! Bref, un Ice-tea, et que ça saute! Glouglou!
On passe aux choses sérieuses, enfin! "Du rhum, des femmes et d'la bière, nom de Dieu! Y a qu'ça qui rend heureux." Soldat Louis est de la partie. Ils avaient permis aux Terre-Neuvas de prendre un bon départ en 98 en participant à la première édition, il était légitime qu'ils soient là pour fêter la dixième de ce qui est devenu le deuxième plus gros festival rock de France après les Vieilles Charrues. Un pur régal celtique, ce cocktail cornemuse-guitare!
Mais c'est vite la gueule de bois. Au bistrot? Non, Obispo. On aurait peut-être mieux fait d'aller à la buvette. Parfois, ça tourne un peu à règlements de comptes à OK Corral quand il chambre Polnareff qui ne l'a pas appelé pour fêter son retour, mais rien de bien méchant. Pas comme le majeur que je lui tends magistralement quand il reprend la détestable Liberté de penser de son pote Florent Pagny, cet appel à frauder le fisc. Bon, j'exagère avec l'ami Pascal, c'est gentil à voir une fois, ses histoires d'amour et de mort, sans oublier son medley final de chansons des années 80. Et surtout, son hommage à Rosa Parks est juste et mérité. Rosa, c'est la noire qui fit bondir l'Amérique raciste en refusant de céder sa place à un blanc dans un bus le 1er décembre 55 et qui initia ainsi le mouvement qui allait conduire Martin Luther-King au firmament.
Pour finir ma soirée, la cerise sur le gâteau, c'est Matmatah. Toujours plus rock, toujours moins celtique. Ces prophètes en leur pays nous emmènent tard dans la nuit. On ne se refait pas: mes morceaux préférés sont leurs plus anciens (Lambé an dro, Emma). Dommage qu'ils ne fassent plus l'apologie, malgré les vaines réclamations du public: les censeurs anti-shit auraient-ils gagné la partie?
L'apéro est fini. Y avait à prendre et à jeter. Au dodo! Les concerts à gogo reprennent demain...

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