Kispasse

Friday, June 16, 2006

Scouts NBA: à la recherche des nouvelles stars!

Quatre scouts NBA avaient traversé l’Atlantique lors du Mondial junior de Douai pour tenter de dénicher des as de la balle orange. Ron Meikle, le scout des Hawks d’Atlanta, observait attentivement ces stars en devenir.
Vous n’avez pas les dons de Michael Jordan, mais vous cherchez un job dans le milieu du basket qui rapporte et qui permette de voyager à travers le vaste monde? Vous êtes fait pour devenir scout NBA. Problème: il n’y en a que 30, un par franchise. Ron Meikle est celui des Hawks d’Atlanta: "La NBA est un monde très fermé. C’est très difficile d’y entrer, que ce soit comme joueur, comme coach ou comme scout. Cette profession a plus de prestige aux Etats-Unis qu’en Europe."
Ancien coach d’université américaine, Ron est scout NBA depuis 19 ans. A son tableau de chasse, il se targue d’avoir recruté cinq All-Stars (basketteurs sélectionnés pour le All-Star Game, qui réunit les 24 meilleurs joueurs de la NBA), dont Gilbert Arenas, l’arrière des Washington Wizards. C’est lui qui a fait venir l’ancien Palois Mickael Pietrus aux Golden State Warriors, il était alors scout pour la franchise californienne: "Nous aimions sa défense. En général, les Européens sont bons en défense." Des Européens de plus en plus recherchés par les franchises NBA, le fossé s’étant réduit entre les deux rives de l’Atlantique. Ce qui n’est pas pour déplaire à Ron, souvent amené à parcourir le monde entier à la recherche des nouvelles stars: "Je voyage plus qu’à mes débuts car il y a aujourd’hui de bons joueurs partout. J’aime bien venir au Final Four de l’Euroligue, il y a une atmosphère particulière. Cette année, je me suis aussi rendu en Australie, en Chine, en Argentine, au Brésil…" Son passage à Douai s’est fait entre une escale floridienne pour un pre-draft camp et une virée à Trévise pour un autre stage de sélection. Dur métier…
Autre avantage de la profession, elle est extrêmement lucrative. Par pudeur et par peur d’éveiller la jalousie chez ses collègues, Ron refuse de décliner son salaire exact: "Je peux juste vous dire qu’il y a six chiffres…" 100000 dollars annuels, cela fait environ 80000 euros, soit 6700 euros par mois. Tout ça pour aller voir des matchs de basket, scruter de jeunes joueurs prometteurs et faire des rapports à remettre aux dirigeants… Ron ne parle que l’Anglais, mais cela ne lui pose pas de problème: "Le basket est une langue universelle!" L’Anglais aussi, dans le milieu du basket en tout cas…
Ses deux journées passées dans le Douaisis ont été largement mises à profit, non pour admirer le beffroi témoin du passé, mais pour voir quelques géants pleins d’avenir. Il a observé de près les bondissants Américains Chase Budinger et Thaddeus Young, le Lituanien Cepukaitis et ses bras de 3m de long, mais aussi les Frenchies Nicolas Batum, Antoine Diot et Ludovic Vaty. Des Bleus qui rêvent de NBA, comme leurs aînés Tony Parker, Johan Petro et Boris Diaw. Enrolé par les Hawks d’Atlanta, ce dernier les a désertés après une saison galère sous les ordres de Mike Woodson: "Phoenix est un système qui convient mieux à Boris. Sa force, c’est de rendre les autres joueurs meilleurs." S’il suit de près la finale NBA, son meilleur souvenir basket remonte à l’époque du maître Jordan: "Il avait assassiné Cleveland, pour qui je travaillais alors, en finale de Conférence est, par un shoot à la dernière seconde." Ron Meikle en fait encore des cauchemars la nuit.

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