Kispasse

Tuesday, June 06, 2006

Une merde du 21ème siècle

Ce qui est con avec le cinéma illimité, c'est que ça vous pousse à tout aller voir, même si vous pressentez que ça ne vous plaira pas. Ce qu'il y a de merveilleux avec le cinéma illimité, c'est que quand on tombe sur une grosse merde, on s'en fout, on n'a rien perdu à part un peu de temps, et on peut même se casser avant la fin. Normalement, je devrais être en ce moment même devant la deuxième mi-temps d'un certain Villarreal-Real Madrid... Voici donc la suite de mes trépidantes aventures de cinéphile.

La pub: Moi qui zappe toujours pendant les pubs à la télé, me voilà contraint à regarder des tunnels avant les films. J'ai trouvé une solution avant Reeker. Comme ils laissent un peu de lumière allumée, je lisais ma Voix du Nord du jour. Cela dit, il y a de très bonnes pubs. Comme celle pour la 207 où l'on voit la voiture, pourvoyeuse de plaisirs intenses, s'ébrouer à mesure que deux coccinelles s'ébattent à l'intérieur. Ou encore comme celle pour Total, avec l'écran coupé en deux. En bas, la journée d'un gamin qui se lève, va à l'école et à la piscine, bouquine dans son lit... bref consomme de l'énergie. En haut, des scènes de désert, de plate-forme pétrolière et de champs d'éoliennes... Le tout avec une superbe concordance et une très belle musique: Anything for you. Traduction: n'importe quoi pour vous. C'est vrai qu'avec l'Erika, on s'est rendu compte que Total faisait n'importe quoi pour nous. Le slogan de la pub est très con: "Pour vous, notre énergie est inépuisable." On en reparle dans cinquante ans? Le vrai slogan post-Erika: "Vous ne viendrez plus chez nous, même par hasard."

Reeker: même pas peur. Un film d'horreur très bête qui ne fout même pas les jetons. Il fait plutôt rire qu'autre chose. Du sang, des morts et une musique avec plein de changements de rythme, ça ne suffit pas à faire un bon film d'horreur. Vivement Scary Movie 4! Au moins, eux, ils assument de ne pas faire peur, et ils me font bien délirer.

Zidane, portrait du 21ème siècle: titre très mensonger. En fait, on suit le match Villarreal-Real Madrid du 23 avril dernier au plus près de Zizou. Strictement aucun intérêt, à part la bande-son de Mogwaï qui est sympa. Y a même un pauvre cameraman qui a passé son match à filmer les pieds et les superbes protège-tibias de Zizou. J'ai tenu jusqu'à la mi-temps, avant de me casser. A la sortie, je vois le mec qui m'a vendu le billet. Dialogue.
Moi: "C'est comme ça tout le film?
- Oui, c'est vraiment nul, hein? Ca m'a étonné que vous alliez voir ce film."
La critique est facile, l'art est difficile, me direz-vous. Mettons-nous donc un instant dans la peau du documentariste qui a fait ce film:
"Putain, j'ai besoin de fric, et vite! Avec mon dernier docu sur la reproduction des ornithorynque sur les îles Galapagos, j'ai bouffé la grenouille! Blaireaux de spectateurs, comprennent rien à la vie. On va tenter quelque chose de plus populaire. Disons, un docu sur le mec préféré des Français. C'est Zizou? OK, on va leur montrer du Zizou! On va le filmer pendant tout un match... C'est bon, on a eu les accréditations. Par contre, ce connard accepte simplement de nous donner une interview par mail. Tant pis, on écrira les conneries qu'il nous dira en bas de l'écran, ça fera plus docu d'intellos en plus."
J'ai parfois tendance à m'emmerder devant un match de foot, attendant désespérément un but. Le problème dans ce docu, c'est qu'on ne voit même pas le seul but de la première mi-temps, marqué sur penalty par Villarreal. On devine qu'ils ont marqué en voyant le regard de Zidane et le tireur se faire congratuler derrière lui. "Tu comprends pas, c'est pas le concept. Le match, on s'en fout. Ce qui compte, c'est comment Zizou le vit." Mais si je m'en fous de ça? Je me casse en début de seconde période (après un flash d'infos des nouvelles du monde du 23 avril à la pause, la seule séquence un peu moins soporiphique du film). Je n'en saurais pas plus sur Zizou aujourd'hui. J'espère juste que le documentariste arrivera à combler ses dettes avec mes 5,03 euros. Pourvu qu'il ne récolte pas assez d'argent pour lancer un docu sur le dernier souffle de l'Abbé Pierre ou un concert avec Michel Sardou, les deux personalités préférées des Français après Zizou. Quant à toi, Zizou, j'espère que tu me feras autant rêver pendant la Coupe du Monde que tu m'as emmerdé pendant une heure.

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