Kispasse

Friday, April 07, 2006

Pas d'or à la page d'or

Hier se déroulait le concours de la page d'or de L'Equipe à Issy-les-Moulineaux, la cité très médiatique d'André Santini. 35 candidats de toutes les écoles de journalisme, pour 2 CCD de 3 mois à la clé: une sélection encore plus impitoyable que la Star'Ac.



Le matin, on a passé un quizz sport où j'ai obtenu la piteuse note de 9/30. Les questions étaient très relevées, du genre "en quelle année le XV de France a-t-il réalisé son premier Grand Chelem dans le tournoi des 5 Nations?" (1968), "combien de médailles la France a-t-elle ramené des Jeux Paralympiques de Turin?" (15) ou encore "qui Marcel Cerdan a-t-il battu pour devenir champion du monde de boxe en 1948?" (Tony Zale). Bref, du haut niveau. Sans compter que les questions tennis (derniers vainqueurs homme et femme de Roland-Garros) et basket (champion de France en titre), mes deux points forts, étaient faciles et ne départageaient pas les candidats, contrairement aux questions foot (première finale de Ligue des Champions, dernier représentant de Ligue 2 en Coupe de France...), un sport où je n'en sais pas plus que le Français moyen (et j'en suis fier).
Ce quizz n'étant pas éliminatoire, on a continué notre journée avec une conférence de presse. L'heureux élu était Philippe Lucas, l'entraîneur de la nageuse Laure Manaudou. Un bon moment que cette interview de cette grande gueule du sport français.
Ensuite, on a déjeuné comme des rois avant d'écrire nos articles. Je suis content de ma production, mais elle ne m'a pas permis de gagner l'un des fameux CDD. Je la publie à la suite de ce message afin qu'il n'ait pas qu'un lecteur. En effet, le jury de L'Equipe se partage les 35 copies. Chacun en lit une petite dizaine et sélectionne ceux qu'ils jugent les meilleures. Je n'ai pas passé cette première sélection et ne me suis donc pas qualifié pour la "finale". Pour la petite histoire, les deux autres candidats de l'ESJ étaient en finale, mais n'ont pas gagné les CDD. Ce sont des élèves du CELSA et du CFJ qui les ont remportés. Malheureusement, Matthieu, digne représentant de mon école, échoue à la troisième place, celle du con pour reprendre une expression sportive.
Adios L'Equipe, viva Liberazion! Je vais désormais effectuer un stage d'une semaine à L'Equipe, mais mon objectif majeur pour cet été est de retourner à Libé. De toute façon, je ne suis pas trop déçu pour L'Equipe car j'ai appris hier que les 2 CDD mis en jeu se déroulaient obligatoirement aux services Olympisme et Foot. Comme je trouve que le foot est vraiment surmédiatisé dans notre pays, ça m'aurait fait vraiment chier de bosser dans cette rubrique.
Bilan de la journée: j'ai raté mon concours et j'ai raté mon train le soir. C'est la lose totale. Mais on a mangé comme des rois le midi et le cocktail post-résultats était vraiment sympa. C'est d'ailleurs le champagne qui m'a fait raté mon train, me poussant à squatter une nuit de plus chez mon frère. Merci pour l'accueil!


Philippe Lucas prépare sa pépite Laure
A trois semaines des championnats de France de natation, c’est la dernière ligne droite pour l’entraîneur Philippe Lucas et la nageuse Laure Manaudou. Un couple atypique, mais qui vaut son pesant d’or.


"Ce qui me gonfle, c’est que quand je lis un papier sur moi, c’est toujours le même refrain." Chassez le naturel, il revient au galop. Philippe Lucas sait se montrer chafouin avec les journalistes. Il en a assez que sa personnalité soit réduite à son look à la Johnny.
En revanche, le volubile entraîneur est plus prolixe quand il s’agit de parler du Flashback Tour que va tenter Laure Manaudou, son élève, sa protégée. Après des Championnats du Monde décevants en 2005, Laure veut retrouver ses sensations d‘Athènes, celles qui l’ont mené au sommet de la natation mondiale. La triple médaillée olympique (400 m et 800 m nage libre, 100 m dos) se mouille à nouveau pour les Championnats de France dans trois semaines. Au-delà des performances, elle espère se qualifier pour l’étage supérieur, les Championnats d’Europe de Budapest de juillet. Des échéances rapprochées qui ont poussé l’entraîneur et la nageuse à bouder les Championnats du Monde en petit bassin, en ce moment à Shanghai. Philippe Lucas veut surtout oublier l’image des Mondiaux: "Elle est arrivée sans serviette, comme pour des championnats départementaux. Elle n’en avait rien à foutre."
Comptez sur lui pour la remettre sur le droit chemin. Après avoir desserré la bride en début d’année, Philippe Lucas et Laure Manaudou ont remis les bouchées doubles pour revenir au plus haut niveau, celui des médailles d’or et des records du monde : "Il faut toujours la remettre sur les rails, lui prendre la tête, la secouer." Une relation particulière d’entraîneur à athlète: "Il ne faut pas être sadique, mais il ne faut pas être faible non plus. Il ne faut pas lâcher quand l’athlète souffre." Un caractère bien trempé et un statut d’électron libre qui lui ont valu quelques déboires avec la Fédération et la Direction technique nationale. Philippe Lucas ne veut pas polémiquer: "Le DTN fait du bon boulot." Enfin, presque… "En communication à la Fédé, on n’est pas bons."
Séances à domicile
Philippe Lucas n’est pas un entraîneur classique. Il a hébergé Laure Manaudou chez lui, à Melun, alors qu’elle n’avait que quatorze ans, jusqu’aux jeux d’Athènes. Pourtant, il refuse d’être assimilé à un second père pour la nageuse: "Je n’ai jamais eu une relation père fille. Si elle sortait, je lui disais de mettre son bonnet. Mais si elle ne faisait pas ses devoirs, je n’en avais rien à cirer." Leur complicité est évidente, comme lorsque Laure glisse à son entraîneur à la recherche de nouveaux bijoux des bassins: "Tiens, regarde celle-là, elle n’est pas mal!" Réaliste (ou désespéré ?), Philippe Lucas s’empresse de rappeler que "les histoires d’amour finissent toujours mal".
Si elle est riche en aventures, leur histoire est assez récente, finalement. C‘est aux Championnats de France de Rennes en 2000 que l‘entraîneur découvre cette jeune nageuse au grand potentiel, ce diamant brut à tailler. Peu après, il la revoit sur la deuxième marche d‘un podium: "Elle faisait la gueule. Elle a tellement la culture de la gagne." Un goût exacerbé pour la compétition qui l’a immédiatement séduit. Son secret de la réussite: "Il faut être un gros bosseur et un guerrier."
"Qui se ressemble s‘assemble", rappelle Philippe Lucas. L’insouciance, un autre point commun entre l’entraîneur et son élève: "Elle n’a pas de plan de carrière. Elle ne sait même pas à quelles dates ont lieu les Championnats d’Europe." Une qualité qui peut éviter des désillusions: "En France, on fait tout à l’envers. Je me rappelle en 1994. On chantait déjà Joe Dassin, L’Amérique, et puis on s’est fait sortir sans gloire par la Bulgarie!"
Le ballon rond, l’autre passion de Philippe Lucas. Un supporter du PSG qui aime à le rappeler au détour d’une réponse: "Bien sûr que ma relation avec Laure est parfois tendue. C’est toujours tendu. Vous croyez que Lacombe au PSG, ce n’est pas tendu?" Une tension saine et régénératrice qui renouvelle la passion sans détruire. Oui, Philippe Lucas nage dans le bonheur. Il se moque de l’argent, Laure suffit à le rendre heureux.


ENCADRE : La gouaille selon Philippe Lucas
A côté du Robert et du Larousse, il faudrait inventer un petit Philippe Lucas. A l’opposé de la langue de bois, ce livre regorgerait de vocabulaire chantant et d’images colorées. Par exemple, une nageuse au potentiel limité deviendrait une "clé de douze". Un entraîneur consciencieux redouterait que sa nageuse favorite "parte en sucette" "avec une tête de con" car cela pourrait nuire à son programme d’entraînement. La fameuse devise attribuée à tort à Coubertin (L’important, c’est de participer) n’aurait pas sa place dans ce nouveau dictionnaire: "J’en ai rien à foutre." Quant au dernier PSG-OM, il serait à ranger dans la catégorie "match de merde"!

IMGP0229
Dans les locaux de L'Equipe, les stars de passage sont invitées à laisser un petit mot. On peut lire ci-dessus la prose de Raymond Domenech, le sélectionneur de l'équipe de France de foot ("Avec le temps... avec le temps tout... Sauf le plaisir du partage") et du basketteur Florent Pietrus ("Je resterai un fidèle lecteur même sans abonnement"). La preuve en est faite: les footeux se prennent pour des poètes mais leurs vers valent deux balles, tandis que les basketteurs ne se prennent pas la tête et ont un vrai sens de l'humour.

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