Kispasse

Friday, July 01, 2005

K-Force

Bobital, 1000 habitants l'hiver, 40000 le premier week-end de juillet. On pourrait appeler ça l'effet festival. Cette maladie contagieuse a contaminé de nombreux villages bretons qui ont surfé sur la vague Vieilles Charrues. Bobital a su tirer son épingle du jeu grâce à une prog très grand public. Résultat : cette année, le festival des Terre-Neuvas (du nom de ces marins qui partaient pour de longs mois pêcher la morue sur les côtes de Terre-Neuve à l'est du Canada) affichait complet pendant trois jours. 110000 Terre-Neuvas, et moi, et moi, et moi...
Vendredi, arrivée, installation, premiers accords... Sangria gratuite, ce ne sont pas quelques séquelles de mon voyage en Espagne, mais le premier groupe que je vois sur scène. Le début d'une longue série et une bonne mise en jambe. La Rue Kétanou s'empare ensuite de la grande scène. On prend nos marques dans ce champs kétanou pour trois jours de folie.

La Rue Kétanou, quelques rayons de soleil dans le ciel gris de Bobital

Frites, bière, galette-saucisse (on est en Bretagne quand même !) C'est déjà l'heure de Kyo. Mes potes Ben et Florian ont l'air de kiffer grave, pour parler un langage accessible aux fans. Là, un spectateur fait un Guenneugueskispasse en pire : le mec monte sur scène, faisant fi des molosses d'Elite chargés de lui barrer le passage. Il va faire copain-copain avec Ben, qui lui tend gentiment son micro. Ce qui devait arriver arriva : le poète, particulièrement inspiré, lance un vibrant : "Kyo, on t'encule !" Benoît n'a pas eu l'air d'apprécier. Y a vraiment des enculés à Bobital comme ailleurs, hein Ben ?
Pour remonter le moral de Ben, il y avait aussi beaucoup de minettes frisant le coma... sous le coup de l'émotion bien sûr ! On pourrait appeler ça un coma idyllique. A ne pas confondre avec le coma éthilique, que quelques-uns n'ont pas fait que friser d'ailleurs. Même les puissants riffs de guitare n'ont pas réussi à vaincre les litres de Ricard. Boire ou écouter, il faut choisir !
Deportivo prend le relais de Kyo. Ces deux groupes sont du 78, mais la comparaison s'arrête là. Finis les ronds-de-jambes, ça pogote dur sous le chapiteau de la petite scène. Pour foutre le bordel, les trois musiciens ne sont vraiment pas les derniers des derniers.
D'autres qui savent enflammer un public, ce sont les Espagnols de Ska P. Ils font actuellement une dernière tournée avant de se séparer et ils ont eu la merveilleuse idée de la faire passer par Bobital. Comme à chacun de leur concert, le public a semblé particulièrement réceptif sur la "legalisation". J'ai moins apprécié l'appel à l'Intifada. Ce n'est sans doute pas très responsable à l'heure où le gouvernement israëlien doit se battre pour démanteler les colonies juives de la bande de Gaza. Enfin bon, la coke, ça ne rend pas toujours intelligent. L'année dernière, j'avais eu la "chance" d'interviewer Ska-P avant un concert. Outre le barrage de la langue, le fait qu'ils se soient pris un rail de coke juste avant l'interview avait rendu ce moment pour le moins folklorique. Sur scène en tout cas, Ska-P, c'est du ska survitaminé, de l'énergie à l'état brut qui fait bouger les mamies venus écouter Michel Fugain comme si elles avaient pris des extasys.

Désolé les filles, mais les sex-symbol de Ska P sont en cours de divorce

La Rue Kétanou, Kyo, Ska-P : c'est un peu la K-Force qui s'abattait sur Bobital ce vendredi. Mais ça n'a pas été une catastrophe, un carnage ou un capharnaüm. Au contraire, c'était carrément de la qualité. Manquaient plus à l'appel que Calogéro et Cali pour qu'elle soit au complet. Malheureusement, seul le premier a répondu à la convocation. Il va simplement venir deux jours après la bataille.

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