Kispasse

Tuesday, September 26, 2006

Ma palme d'or

La mémoire n'est pas qu'un savoir, c'est aussi un devoir, surtout pour le pouvoir. Paraît que Bernadette a dit à son Jacques qu'il fallait faire quelque chose après avoir vu Indigènes. Qu'il faudrait arrêter de se foutre de la gueule de ces anciens combattants un peu trop bronzés en leur versant des pensions de misère. Il serait temps. Rachid Bouchareb peut être fier de lui, ce serait là sa plus grande récompense pour les cinq années passées à préparer Indigènes. C'est quand même dramatique qu'il ait fallu attendre ce film pour régler le problème, soixante ans après la fin de la guerre.

Le Pen, un gros mot. Réconciliation, un beau mot. L'acteur Jamel Debbouze ne rigole plus quand il évoque Indigènes. Je viens d'assister à l'étape lilloise du Tour de France des avants-premières. Un coup de génie de Rachid Bouchareb. Fresque historique, à caractère politique, tout simplement magnifique. "Non, il ne s'agit pas d'élever les communautés les unes contres les autres, c'est un film de réconciliation, qui montre aux Français d'origine étrangère d'où ils viennent et pourquoi ils peuvent être fiers de se revendiquer Français." Eux aussi peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait. C'est sans conteste le meilleur film que j'ai vu cette année... Palme d'or à Cannes alors qu'Indigènes n'obtenait "que" le prix d'interprétation masculine, Le vent se lève peut se coucher.

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