Kispasse

Tuesday, March 21, 2006

Le Rennais rentre dans le Lyon

Petite virée à Lyon vendredi pour rencontrer les deux fondateurs de Casseurs de Pub et du journal La Décroissance.

Bruno Clémentin

A côté de Bruno Clémentin, Vincent Cheynet.
Le soir, j'ai assisté à un colloque très intéressant sur la désobéissance civile. Le 11 septembre 1906, Gandhi lançait sa première campagne de désobéissance civile.
José Bové s'est excusé parce qu'il n'avait pas pu venir (il était à une soirée de soutien pour une députée bolivienne menacée par la CIA). Il y avait en revanche Jean-Marie Muller, le président du Mouvement pour une alternative non-violente. Passionnant à écouter : "Notre société est formatée par la culture de l'obéissance. En famille, à l'école, à l'église, dans la vie professionnelle, dans l'armée... Le bon citoyen est le citoyen obéissant. L'obéissance est récompensée, la désobéissance punie. La société est régie par la loi qui est la règle du jeu. La loi garantit normalement la justice. Mais que faire quand une loi est injuste ? La désobéissance civile, c'est la remise en cause de la pratique de la loi et non de son principe. Ce qui devrait fonder la citoyenneté, c'est la responsabilité et non l'obéissance. Selon John Rawls, chaque citoyen doit décider en conscience de ce qui est conforme au droit. Il faut distinguer ce qui est légal (conforme à la loi) de ce qui est légitime (conforme au droit). Il faut aussi distinguer l'objection de conscience (refus d'un individu d'obéir à un ordre parce que l'ordre n'est pas conforme au droit, à la morale, à l'éthique) de la désobéissance civile qui est avant tout une démarche politique. L'objectif politique, qui est de faire changer la loi, prime sur la conscience. Il faut un objectif clair, précis et possible. Sinon, la stratégie est vouée à l'échec. Gandhi n'a pas demandé directement l'indépendance de l'Inde directement, il a voulu l'abrogation de la loi sur le sel qui était un symbole du colonialisme britannique". Le génie de Gandhi a été de prendre un acte à la portée de tous. C'est le principe d'une insurrection pacifique. Le désobéissant se heurte à la répression de l'Etat : Gandhi a été emprisonné. Mais pour lui, il faut se soumettre. Je n'en suis pas aussi sûr, il faut se méfier du Gandhi-ra-t-on ! Car si la loi est injuste, la répression aussi peut l'être. C'est le discernement tactique qui permet de juger s'il faut se soumettre. Il est souvent nécessaire d'accepter la répression pour interpeller l'opinion publique. Mais il faut s'adapter aux circonstances, à la réalité du terrain. Par exemple, des policiers nancéens ont désobéi en clandestinité sous Vichy. Il leur était impossible de le faire à découvert et en acceptant la répression."
Méditez bien sur ces belles paroles et choisissez votre cheval de bataille (les OGM, les pubs, le nucléaire, les fast-food...)
Pour finir, quelques photos de mes pérégrinations dans Lyon. Spéciale dédicace à mon frère qui y a étudié et rêve d'y retourner et à Marie qui m'a gentiment hébergé chez elle.

A tout seigneur, tout honneur... La mairie de Gérard Collomb


La fontaine place de la mairie

Une autre fontaine, regardez bien l'arrière plan ! Petit jeu : sur quelle place se trouve-t-elle ? Un demi en jeu

La colline de la Croix-Rousse


Le contre-champ : belles vues depuis la Croix-Rousse

La basilique Notre-Dame de Fourvière

Et pour finir au septième ciel, le théatre des Célestins

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